mardi, 18 juin 2013 00:00

Poésie du Vietnam

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Chant d'amour au matinbarques  sur le fleuve  peinture d'après  une photo  de   Géo

Tu t'en vas, le soir s'en va,
le jardin perd ses oiseaux.

Tu reviens, l'aube revient,
toutes les corolles s'ouvrent.

Te voici, le soleil luit,
L'azur tamise sa flamme.

Ton amour c'est mille étoiles,
mille grains d'or dans le ciel.

Les oiseaux en s'envolant
n'emportent pas la lumière

Je t'aime : des bourgeons tendres
ressuscitent le matin.

Si le soleil me quittait
je garderais les étoiles,

l'or scintillant du bonheur
qui brûle au-dessus de moi.

Tu me reviendras demain ,
tu seras faite de fleurs .

(Che Lan Vien)


Rêve

Soudain je m'éveille d'un rêve
pour découvrir que tu es loin
Sur le mur , un trait de lumière
Je sais que la nuit est passée

Tout le jour le travail m'emporte
Mais la nuit appartient à toi
Je vis mes journées dans le Nord
Et passe au Sud toutes mes nuits

Où que tu sois , où que je sois,
Tous deux nous demeurons ensemble
Mon rêve quand la nuit s'en va
Eclaire tout le jour qui vient.

(Te Hanh)

Les feux de mon village

La route est longue dans la nuit
Notre voiture file et soudain j'aperçois
Les lumières de mon village
La poussière des chemins colle encore à mes yeux
Mais que de clarté dans mon coeur !
L'auto file et les feux l'accompagnent
Les rangées d'arbres s'inclinent
Et le vent des rizières charrie vers moi des parfums
J'ai trop à faire aujourd'hui
De l'auto je ne fais qu'un salut de la main
Depuis tant d'années je porte en moi
ces feux comme un scintillement d'étoile
J'ai connu toutes les mers, tous les cieux
Combien de ces points de feu, combien de gens j'ai aimés !
O mon village , tes feux du soir,
Que de souvenirs lancinants ils éveillent en moi !
Dans la nuit d'hiver, cadencée
Par le métier, la lampe éclaire les yeux de la mère
Le feu rougit les yeux des enfants .
Quand le buffle d'un pas lourd , rentre sur le chemin
on allume la lampe
Dans la marmite dort le riz brûlant
Sous les lumignons de la classe d'A.b.c.
Chaque page de livre semble un immense monde
La ritournelle des syllabes ..
La lampe se balance , suspendue à la poutre
La réunion n'est pas finie
Que déjà les coqs chantent l'aube
Et j'envie la haie de bambou
Qui laisse tomber son ombre à l'entée du village
Elle qui depuis tant d'années
Porte en elle, le fruit de ses lampes !

L'auto file et mes yeux restent là
Sur ces feux clignotants, ces arbres estompés
L'auto file et les feux l'accompagnent
Emportant avec eux le vent parfumé des rizières de chez nous.

(Huong Truong Thong)

Lu 894 fois Dernière modification le mardi, 26 août 2014 19:58
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