jeudi, 24 janvier 2013 00:00

Greensleeves

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__ Quel air pouvait bien inspirer à Gérard de Nerval pareille réflexion et imposer cette préférence à sa sensibilité poétique?

Il fallait une mélodie éternelle, dont on ne puisse se lasser, un rythme languissant , des accords apaisants évoquant la douceur de l'automne avec la nostalgie d'un été finissant . Un air couleur de feuilles mortes et de soleil couchant , se reflétant dans les vitraux dont s'ornaient les demeures "renaissance", au parfum de feuilles brunes et rousses rassemblées par les jeunes filles de Millais accomplissant le rite saisonnier, vibrant des timbres chauds et dorés des beautés intemporelles de Dante Gabriel Rossetti.

Fantaisiegabriele rossettti

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit..
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert que le couchant jaunit.

Puis un château de briques à coins de pierres,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds , qui coule entre les fleurs;

Puis une dame à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue... et dont je me souviens!

Gérard de Nerval

 

- Extrait de Fantasia on Greensleeves de l'opéra "Sir John in love " sur les aventures de Falstaff de Ralph Vaughan Williams (1929)

Lu 812 fois Dernière modification le vendredi, 10 juillet 2015 21:23
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