mardi, 10 septembre 2019 23:36

Réflexions sur l'esclavage des Nègres

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publié  en  Suisse  , en  1781 sous  le  pseudonyme  du  Pasteur  Joachim  Schwartz.

L'esclavage  ternit  notre  image  du  siècle  des  lumières... complaisance  à  l’égard  du  commerce   triangulaire  de   Voltaire  ,  ambiguïté  de   Rousseau pour certains,  tiédeur  même parfois de   Diderot , position détestable  de  Montesquieu ...  bien  des voix   cependant se sont  élevées  contre  cette  odieuse  pratique  dans  cette Europe   éclairée  en prélude  à  son  abolition .
L'un deux  Condorcet  mérite  notre  admiration par  la clarté  de   ses  positions  qu'il  exprime   en 1781 dans  ses  Réflexions sur   l'esclavage  des  nègres  .
Il le  fait sous  pseudonyme  mais avec  Mirabeau , Diderot  et  Louis de  Jaucourt  (Encyclopédie)  il  condamne  ouvertement   Montesquieu :

""Cette légitimation du « crime», comme l'a écrit Condorcet, pour des intérêts économiques, que l'on peut relever dans de nombreux dictionnaires de l'époque a été reprise, sous l'autorité de Montesquieu, au sein même d'assemblées coloniales, pour maintenir cette institution oppressive, et vivement dénoncée, notamment par le Chevalier Louis  de  Jaucourt dans son article sur la "Traite des Nègres", publié dans l'Encyclopédie

«  On dira peut-être qu'elles seraient bientôt ruinées, ces colonies, si l'on y abolissait l'esclavage des nègres. Mais quand cela serait, faut-il conclure de là que le genre humain doit être horriblement lésé, pour nous enrichir ou fournir à notre luxe ? Il est vrai que les bourses des voleurs des grands chemins seraient vides, si le vol était absolument supprimé : mais les hommes ont-ils le droit de s'enrichir par des voies cruelles et criminelles ? Quel droit a un brigand de dévaliser les passants ? À qui est-il permis de devenir opulent, en rendant malheureux ses semblables ? Peut-il être légitime de dépouiller l'espèce humaine de ses droits les plus sacrés, uniquement pour satisfaire son avarice, sa vanité, ou ses passions particulières ? Non... Que les colonies européennes soient donc plutôt détruites, que de faire tant de malheureux ! »

Et Condorcet, lui aussi, a condamné fermement la nécessité et la légitimité de cette « violence » et de cet « avilissement » de l'homme exercés, bien au-delà de « la lutte pour l'existence », par une « minorité » privilégiée pour satisfaire un « nouveau monde de besoins » :

« On prétend qu'il est impossible de cultiver les colonies sans Nègres esclaves. Nous admettrons ici cette allégation, nous supposerons cette impossibilité absolue. Il est clair qu'elle ne peut rendre l'esclavage légitime. En effet, si la nécessité absolue de conserver notre existence peut nous autoriser à blesser le droit d'un autre homme, la violence cesse d'être légitime à l'instant où cette nécessité absolue vient à cesser : or il n'est pas question ici de ce genre de nécessité, mais seulement de la perte de la fortune des colons. Ainsi demander si cet intérêt rend l'esclavage légitime, c'est demander s'il m'est permis de conserver ma fortune par un crime »

C'est cette justification économique de la servitude qui a fait dire à Diderot que Montesquieu n'avait « pu se résoudre à traiter sérieusement la question de l'esclavage » :

« En effet, c'est dégrader la raison que de l'employer, on ne dira pas à défendre, mais à combattre même un abus si contraire à la raison. Quiconque justifie un si odieux système, mérite du philosophe un silence plein de mépris, & du negre un coup de poignard. »

sur  Wikipedia   Montesquieu 

 Je citerai   également  cet  article  de  Marcel   Dorigny  sur  le   web , où il se réfère notamment   au   Contrat social  pour soutenir  la  position  de   Rousseau  contre   l'esclavage  

Rousseau et le débat sur l’esclavage colonial :

réflexions sur la radicalité d’une rupture

Lu 45 fois Dernière modification le mardi, 10 septembre 2019 23:58

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