vendredi, 06 août 2021 22:38

Hakon Le Bon

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scaldeL’histoire  d’Hákon  le  Bon

De  la  Heimskringla

Comme dit  précédemment  Harald  à  la  Belle Chevelure  eut de   nombreuses  épouses  et  un  nombre  considérable d’  enfants  .....

A la fin  de  sa vie  alors  qu’il  avait  déjà  remis les rênes  de  la  Norvège  à son  fils  préféré  Eric (Eric  à la  Hache Sanglante) , Thora La  Perche-de-Moster appelée  la Servante  du  Roi, l’une  de ses  suivantes,  lui  donna  encore   un fils .   Elle entreprit  un voyage   avec   le  Duc  de Lade  Sigurd  afin de  rejoindre  Harald quand  elle  accoucha   sur  un  rocher du   littoral. Sigurd  l’aspergea  d’eau, lui donna  le  nom de  Hakon et  l’éleva avec ses fils.

Hákon était encore enfant  quand  Harald   par ruse  obligea le Roi d’Angleterre Atelsthan à prendre en charge son  éducation . Apprécié par le roi et sa cour il fut baptisé et on le  désigna sous le nom  de Hakon Pupille d’ Atelsthan.

Pendant ce temps Eric à la Hache  Sanglante  opprimait les populations, massacrait  tous  ses rivaux  et  notamment  ses  propres  frères  .

Quand il  apprit  la  mort  d’ Harald  à la  Belle Chevelure, Hakon  découvrit   toutes les exactions  de   son  frère  Eric  et  il  décida  de   rentrer  en  Norvège pour lutter contre lui et le chasser.

Devenu  bon chrétien il rêvait de   convertir   ses  compatriotes  en  même temps  qu’il deviendrait  roi de  Norvège. Il  prit conseil  auprès  du Duc  de  Lade Sigurd qui  gouvernait  le Trøndelag  , afin de  lever une armée. Les  liens d’amitié entre  Hákon  et  la famille de   Sigurd  étaient  très  forts  mais  Sigurd  demeurait  fidèle  aux  anciennes  traditions . Ensemble  néanmoins  ils rallièrent  les nobles et les  paysans  à la  cause  d’ Hakon et durant  tout  son  règne  ,  le  temps de   la  reconquête  puis  les  années  suivantes  qui  furent  une  période  de  rare  prospérité , Hákon appelé Hákon Le  Bon respecta toujours  les  traditions  païennes soutenues  par  son ami Sigurd . A la fin  de sa vie  il laissa  le choix  de son inhumation,  déclarant  que  si sa  mort   survenait hors de Norvège  sa sépulture  serait  chrétienne   tandis qu’elle serait  païenne  s’il  mourait  dans  son  pays.

«  Le roi Hákon  mourut peu  après, sur  le  rocher  sur  lequel il était  venu  au monde. Il fut profondément  regretté, à tel  point  qu’à  la fois ses  amis et ses  ennemis  pleurèrent sa  mort  et  déclarèrent  que  plus  jamais  la Norvège ne connaîtrait  un  roi   aussi  bon.  Ses amis transportèrent sa dépouille à Seim, dans  le  nord  du Hordaland ;  là  ils érigèrent  un grand tertre et  y déposèrent le roi , avec  tout son armement et  dans  ses  plus beaux  vêtements, mais sans aucune  richesse. Selon la coutume qui était en  vigueur  chez  les  païens,  ils  prononcèrent devant sa sépulture une  formule   destinée  à le   conduire  à la  Valhalle. »

Mort  sans  enfant,  le royaume  fut repris  par  les  fils  d’Eric allié  aux Danois.

 

Le  Hakonarmal (poème  de Hákon )

 poème scaldique  composé  par  Eyvind Skaldaspillir ( Xème siècle) à la  mémoire  du  roi  Hakon le bon .

 

Le dieu des  Goths  envoya

Gondul et   Skogul

Choisir parmi les  rois

Qui de  la race  d’Ingvi

Devait  aller  rejoindre Odin

Et  résider  à  la  Vahalle.

 

 Elles  trouvèrent  le frère  de   Biorn,

Comme  il revêtait sa broigne,

Ce  roi  aux  nobles  qualités

Qui sous  le   gonfanon s’était placé.

Les  perches du  combat  s’inclinèrent,

Mais  le  dard  fut agité,

Lors  la bataille  fut  engagée.

 

Il exhorta  les hommes du  Halogaland

Comme  ceux des  îles du   Rogaland,

L’éminent  vainqueur des  ducs,

Il  marcha  au combat

Il avait  une troupe  fidèle

De  Norvégiens, lui  le  prince  généreux

Qui de  frayeur emplit les  îles danoises.

Droit  il se  tenait sous  le  heaume  aquilin.

 

Il se dépouilla de son armure,

Sur  la plaine  il jeta  sa broigne,

Le chef des guerriers,

Avant  que  de  combattre.

Il riait avec  les  hommes,

Il devait  défendre  le pays,

Le  prince  à l’humeur  enjouée.

Droit  il se  tenait  sous  le  heaume doré.

 

Lors dans  la  poigne  du  prince

L’épée  transperça

Les  vêtements  de   Vafud

Comme si dans  l’eau  elle  pénétrait.

Se fracassèrent  les estocs

Se brisèrent  les boucliers

Tonnèrent  les épées

Sur  les crânes  des  preux.

 

Foulées  furent  les targes

Sous  les rudes  pieds  des  gardes

Du Tyr des  anneaux,

Du chef des  Norvégiens.

Dans  l’île  la bataille  faisait  rage,

Les rois rougissaient

Les étincelants  remparts  de  boucliers

Dans le sang des combattants.

 

Les  flammes de  douleur brûlaient

Dans  les  sanglantes  plaies.

Les  glaives  lombards s’abattaient

Sur  la  poitrine des guerriers.

La  mer  des blessures  écumait

Sur  le cap des épées.

Le flot des framées  se répandait

Sur  le rivage  de   Stord.

 

Les rouges  lueurs  se   mêlaient

Sous  le  ciel  de   l’orle  de la targe.

Les tempêtes de   Skogul se   jouaient

Des  nuages  des anneaux.

Les vagues des estocs  mugissaient

Dans  la  tempête d’Odin

Maint guerrier  tombait

Entrainé  par  le torrent  de   l’épée.

 

Lors  les  princes se  tenaient,

Epées tirées

Boucliers ébréchés

Broignes  entaillées.

Point n’était de   joyeuse  humeur

Cette armée  qui  devait  emprunter

Les  chemins de   la  Valhalle.

 

Gondul déclara ceci,

S’appuyant  sur  la  hampe  de sa  lance :

«  A présent s’accroit le cortège des dieux,

Car elles ont convié chez  elles,

Les  puissances divines, Hakon

A la tête  d’une  nombreuse  armée. »

 

Le prince  entendit  les  paroles

Que,  du  haut de   leur  coursier,

Prononçaient  les célèbres  valkyries.

L’air  réfléchi,

Le chef d’un  heaume couvert,

Elles tenaient  devant  elles  un bouclier.

 

« Pourquoi Skogul à la  lance,

Décidas-tu ainsi  du  combat ? déclara  Hakon,

Les dieux  nous avaient  pourtant  jugés dignes de   la victoire.

--Nous sommes cause, déclara  Skogul,

Que tu restas  maître du champ de  bataille,

Mais tes ennemis  prirent  la fuite. »

 

« Nous  devons chevaucher,

Déclara  la  puissante   Skogul,

Vers le  domaine verdoyant des  dieux

Et  annoncer à Odin

Que le souverain  va venir

Afin de  le voir  en  personne. »

 

« Hermod et   Bragi

Déclara  le maître des dieux,

Allez  au-devant du  prince,

Car voici  qu’un roi,

Qui semble  être un preux,

S’avance  vers  notre  halle. »

 

Le  prince  déclara  ceci,

Lui qui  du  combat  arrivait

Tout  de  sang éclaboussé :

« Fort cruel 

Nous  semble Odin,

J’ai crainte  de son cœur. »

 

« De tous  les éminents guerriers

La  paix te sera accordée.

Viens  prendre part  au banquet des  Ases.

Adversaire des ducs,

Tu possèdes  ici

Huit frères », déclara  Bragi.

 

« Nos  harnois,

Déclara  le  bon roi,

Nous  les  voulons conserver.

Du heaume  et  de   la  broigne,

Il faut  prendre  grand soin.

Il est bon de   les tenir prêts. »

 

Lors  fut révélé 

Combien  il avait  protégé

Les  sanctuaires, ce roi,

Quand  toutes  les  puissances divines

Adressèrent  à  Hakon

Des souhaits de  bienvenue.

 

Un  jour faste,

Il naquit, ce prince

Qui possédait  un tel  cœur.

Toujours son  époque

Sera tenue

Pour  heureuse.

 

Libéré de ses  liens,

Le  loup Fenrir  s’avancera

Vers les demeures des  hommes

Avant qu’un souverain

Aussi bon  n’emprunte

Le sentier délaissé.

 

Le  bétail meurt,

Les  parents  meurent,

Le  pays  tout entier  est dévasté.

Depuis  que   Hakon a  rejoint

Les dieux  païens,

Maintes  gens  sont  asservies.

Lu 202 fois Dernière modification le dimanche, 08 août 2021 15:17

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