jeudi, 24 octobre 2013 19:23

Sept Upanishads

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...représentatives de chacun des des grands courants qui animent l'hindouisme : Védânta,Yoga, Bhakti, Tantrisme, etc.. Sans oublier une certaine forme de magie qui fait partie , elle aussi de la culture indienne.

L'hindouisme est une religion sans fondateur, sans nom même puisque le terme qui la désigne a été imaginé par les occidentaux. Les hindous parlent de leur religion comme étant le Sanatana Dharma, c'est à dire la loi éternelle, la norme universelle. .
Force de la tradition , transmise par les textes sacrés , communiquée par le père au sein de la famille, l''hindouisme apparait comme étant aussi une sorte de religion du Livre , des Livres serait plus exact, car ici comme dans tous les secteurs de la culture indienne, l'abondance est de rigueur, Non pas une Bible mais des Bibles , à la fois diverses et répétitives ; suffisamment différentes les unes des autres pour qu'il faille dire les Ecritures, suffisamment homogènes pour que l'on puisse aussi bien parlr de la révélation unique , et aux yeux des fidèles , éternelle, immuable , ne variatu . Au total , une masse énorme de textes qui éditées à la moderne , feraient ensemble une bonne centaine de gros volumes ! Bien entendu , aucun hindou ne prétend les connaitre tous, chacun fréquente ceux qui appartiennent à la tradition familiale. Un peu comme s'il existait dans le judaïsme douze versions de la bible valables pour chacune des douze tribus d'Israël.Et c'est bien ce dont il s'agit en Inde où l'abondance des Ecritures provient de ce qu'elles existent en plusieurs recensions à peine différentes les unes des autres . Le fond reste partout le même , seuls différent l'arrangement des matières, la forme.
Tel quel l'ensemble des textes sacrés port le nom générique de Véda mot sanskrit qui signifie , le savoir , la science .
La science dans le Véda est essentiellement religieuse et ne traite que de la liturgie. On y trouve des traités rituels ( Shrautra-sûtras ). Certains textes élargissent cette théologie aux dimensions d'une métaphysique véritable, plus ou moins bien détachée de la pratique religieuse .
Il est possible de classer les textes védiques en plusieurs secteurs :

a)les hymnes , ou Samhitâ poèmes s'adressant aux dieux principaux , la parole poétique étant investie par le brahmanisme de pouvoirs magiques.

b) les textes en prose ou le rituel est présenté et commenté : les Shrauta-sûtras pour les rites les plus solennels et les Gryha-sûtras à l'usage des rituels domestiques (mariages , initiation, funérailles).

c) Le passage à la métaphysique s'opère dans les Upanishads à la fin du Véda . Peu à peu elles se sont dissociées de l'ensemble du Véda et se multiplient encore de nos jours.Toutes sont anonymes et rédigées en sanskrit.

Le Brahman
L'essentiel de la reflexion des Rishis, auteurs de Upanishads , porte sur le problème de l'ultime réalité des choses Y a-t-il une "vérité" (satya ) du monde ? ou ce dernier n'est-il qu'un jeu d'apparences mensongères ? Contrairement à une opinion répandue en occident le brahmanisme ne nie pas l'existence des choses mais au contraire la pose avec force comme un principe de base . L'univers "est" , il existe , à la fois dans son ensemble , c'est à dire en tant que "Tout" (sarva) et dans chacune de ses parties .... Cependant l'une des caractéristiques de l'existence est dans le changement . Pour désigner le monde on emploie des termes comme le mouvant : Jagat, le en devenir : Bhâva ou bhâvana , la transformation : pakriti.
L'idée que tout ressemble à un être vivant qui nait , grandit et meurt pour renaitre ensuite des restes de l'univers précédent. (Rien ne se perd rien ne se perd , tout se transforme s"applique ici parfaitement....) Provisoire , précarité pourraient être angoissant Malheur à ceux qui s'attachent aux biens de ce monde. Mais cette frustration n'est dûe qu'à l'ignorance: celui qui sait que l'existence est en perpetuel devenir n'a pas à s'en inquieter. . Conscient de la place qui est la sienne dans l'univers , il agit en conséquence : détaché des fruits de l'action parce qu'il est lucide et conscient de leur relativité, mais attentif à son devoir (autre sens du mot Dharma) , parce qu'il sait que celui-ci est une necessité cosmique au sens le plus fort du terme.

La roue dont le centre est vide , ou roue dont le centre est traversé par un essieu
... En somme y a-t-il une essence derrière l'existence ? le brahmanisme répond par l'affirmative là où le bouddhisme répond par la négative .
L'un et l'autre aiment à représenter l'univers par une roue de char . En son centre le moyeu est traversé par un essieu selon les hindous, le moyeu est vide selon les bouddhistes.
Pour les premiers la roue trouve sa raison d'être dans l'axe autour duquel elle tourne; pour les seconds elle existe par elle-même, pour elle-même, indépendante de quoi que ce soit sinon d'elle-même.
...
Le brahman (substantif neutre par opposition au Brahmane) , l'absolu (l'essieu, le pivot ) qui porte le monde et le justifie est désigné par le "celà" dont le Véda et les Upanishads font grand usage.On dira aussi cet Un, Celà, l'illimité, celà Unique, sans second .
Du point de vue métaphysique ces épithètes sont redondantes ...

D'après Jean Varenne

Mj 1.4.2013 USI

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