mardi, 18 novembre 2014 00:00

Le triptyque

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(il  trittico )
Première représentation à  New York   au  Metropolitan Opéra en  1918

Un  opéra  composé  de  trois parties  autonomes  ,  dans les sujets , la forme  et le genre .

Le projet de rassembler  trois opéras  en un  tout,  en  gardant  une certaine   unité  malgré la diversité,  n'était pas une  idée  de   Puccini. En revanche  l'idée  de mélanger  trois genres  lui  revient :  réalisme pour   Il  Tabarro, sentimentalisme pour  Suor  Angelica  et  comique pour  Gianni   Schicchi. Au  début  le  thème devait  se  développer   à  partir  des thèmes de   la Divine  Comédie de  Dante,, en  reprenant  des  passages  de  l'Enfer  , du  Purgatoire  et  du  Paradis. L' l'idée  n'en subsiste que  dans Giani  Schicchi .

Chacun  des trois  opéras  miniatures  aborde une problématique  sociale  et  dramatique  autonome mais  il  existe  un  lien  qui  les rassemble   :  le  thème  de la  mort  . C'est  l'assassinat  de  Luigi  dans  la  Houppelande   (Il  Tabarro) ,  le suicide  de  la  petite nonne  dans  Suor  Angelica   et  le  décès  de  Buoso  Donati  dans  Giani  Schicchi . La première  des trois oeuvres,vériste,  s'achève  sur  une  note  d'amertume. Les deux  autres finissent   de  manière  heureuse  qu'il  s'agisse  d'une  exaltation  mystique  ou  d'un  hymne à  la  joie  de  vivre  .

Il  tabarro , la houppelande

L'univers   de  Zola  où  s'exprime  le  vérisme   italien . L'histoire  se passe  à  Paris  dans  une   péniche amarrée  sur les quais de  la Seine. Le  sujet   est  la  figure  traditionnelle  du  triangle  amoureux, de   la  femme  du  mari  et  de  l'amant .   Le mari   trahi  tue  son  rival  et   découvre à  Giorgetta son  cadavre aux  lieu  et  heure  de  leur  rendez-vous amoureux, dans une  scène  assez sordide. 

Dans  la  forme  les touches  de  réalisme  sont  apportées   par   de  nombreux signes  (orgue  de  barbarie  désaccordée, signal  de  la  retraite  dans une  garnison voisine , citation  de  l'aria de Mimi de la  Bohème proposée  par   un   vendeur   ambulant   etc ..

Suor   Angelica

 L'opéra  peut  se   décomposer en  deux  parties distinctes , la première :  une  peinture de la vie  au couvent  dans  une  communauté religieuse  au   XXVIIème siècle. La seconde  se  concentre   sur   le  drame  de la  protagoniste  exilée  au couvent  à la  suite d'une erreur  de  jeunesse . 

Une tante  vient  apprendre  à  la  jeune  nonne Angelica , la  mort  de   l'enfant  né  de   ses amours  illégitimes. Prise  de  folie  Angelica  veut  se   suicider. Mais  au dernier moment,  une vision  de  la  vierge  arrête  son  geste  en  lui  montrant  son enfant  .

L'aria  pour  soprano   Senza  mamma est justement  célèbre :

Gianni  Schicchi

Un  petit  joyau  du  répertoire  comique et   on  pense  tout  de  suite au  Falstaff de  Verdi. 

Gianni  Schicchi  exista  réellement  .Il  apparait   dans  le  chant   XXX de  l'Enfer de Dante . On  rapporte   que  cette allusion  fait  écho aux démêlés que le  poète toscan  eut  avec la famille  Cavalcanti  à laquelle  appartenait  Giani  Schicchi. Dante  trouva  dans   son  poème   le moyen  de  se  venger  de  l’affront subi  en condamnant  l'offenseur   à  demeurer pour  l'éternité dans  le  cercle  infernal , le huitième  , celui  des faussaires  .

l'opéra   de  Pucccini  est  aussi  un  prolongement  de  la Comedia  del  Arte  dans la  mesure   où  l'on reconnait dans Schicchi : l'Arlequin, dans   Lauretta : Colombine et   dans Simone: Pantalone. 

Lésés au  profit   d'un  monastère  les  héritiers naturels  de Buoso  Donati usent   d'un  stratagème  imaginé  par   Gianni  Schicchi  pour   faire  valoir  un  nouveau testament  . Gianni  Schicchi bien  sûr  détourne  l'héritage   à  son profit  non sans bouffonnerie  empreinte  d'un  soupçon  de  cynisme.  .

Lu 982 fois Dernière modification le dimanche, 10 mai 2015 02:37
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2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire MJ mardi, 25 novembre 2014 19:47 Posté par MJ

    Magnifique! superbes ces paysages ! Je n'ai pas oublié La Rondine , mais c'est vrai que je connais peu cet opéra .
    Quant à Forster il faudrait bien que je lui ouvre une page , en particulier pour y évoquer la Route des Indes ! A passage to India , un livre tu sais bien (et un film !) qui m'ont beaucoup marquée.

  • Lien vers le commentaire emilie lundi, 24 novembre 2014 21:14 Posté par emilie

    https://www.youtube.com/watch?v=J-gFsXfbF08
    Pour te remercier, un petit bout de Toscane, de Puccini (la rondine) et de Foster.
    Bisous

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