samedi, 27 septembre 2014 00:00

Londres, le muséeum d'histoire Naturelle

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 Un  ensemble architectural fabuleux 

 londres museum d'histoire   naturelle   photo  d'extérieur sur la façade

Natural History museum

Londres-museum3-darwinlondres  museum ornement3L'idée d'un grand musée à Londres consacré à l'histoire naturelle revient à Sir Richard Owen (1804-1892) célèbre naturaliste et paléontologiste spécialisé en anatomie comparée qui n'adhéra jamais aux théories de Darwin sur les origines de l'homme .

Lorsque Owen y prit ses fonctions en 1856 , le musée dépendait alors du British Museum à Bloomsbury . Il comprenait 4 départements : Zoologie, Botanique, Géologie, Minéralogie et la collection prestigieuse réunie par Sir Hans Sloane, rachetée par l'Angleterre en 1753 , ne trouvait plus assez de place pour une exposition optimum . Il réussit à en convaincre le premier ministre de l'époque William Ewart Gladstone qui lui accorda le projet d'un nouvel édifice d'une surface adéquate qui abriterait et mettrait à la disposition du public le plus large les témoignages de la longue histoire de l'humanité et de son environnement faune , flore aussi bien que géologique .

Il fallut 30 années de discussions et tergiversations opiniâtres pour que le musée voie enfin le jour en 1881 .

La surface nécessaire à l'édification du site , le choix du lieu dans la capitale et les influences politiques et idéologiques pesèrent sur les travaux ; le projet en effet éclatait le British Museum et l'investissement était colossal mais les querelles furent aussi souvent le fait du caractère autoritaire de Sir Owen qui , dans ses ambitions pour la discipline qu'il servait, voulait tout superviser , tout en s'opposant ostensiblement aux nouvelles théories darwiniennes, lesquelles bien sûr, se trouvaient au coeur de l'histoire naturelle abritée par le musée .L''un des plus fameux épisodes sur la question fut en 1860 le grand débat d'Oxford entre Th Huxley (grand-père de Aldous Huxley) et Samuel Wiblerforce qu'on disait influencé par Sir Richard Owen .

C'est pourtant grâce à l'opiniâtreté de Owen que le musée finit par trouver sa réalisation dans le quartier de South Kensington de la capitale .Londres-hall du  Musée

Sur un aussi long laps de temps les projets eurent à subir les influences successives de plusieurs courants représentés par des architectes célèbres et talentueux mais de visions esthétiques différentes.

En pleine époque victorienne, en réactions au machinisme et au matérialisme, on vit s'épanouir un retour aux architectures gothiques « le Gothic Revival » ,mouvement qui ne connut semblable essor qu'en Angleterre où les édifices de cette conception fleurirent .

Mais le mouvement n'était pas homogène . Aux projets plus classiques soutenus par Owen s'ajoutèrent les préférences du Capitaine Fowke en charge du projet en 1864, plus inspiré par un amalgame de" Renaissance italienne" et de "Romanesque Style" caractérisé par la voûte en plein cintre et les toitures en coupoles . A la mort de celui-ci en 1865 le projet fut confié à un architecte convaincu du mouvement Gothic Revival : Alfred Waterhouse, qui ne voulait cependant pas rompre totalement avec le travail de ses prédécesseurs , compte tenu probablement des sommes déjà engagées mais aussi pour les perspectives ornementales que lui offrait la tendance romane.

Le génie de Warterhouse fut sans doute dans cette éclatante synthèse qui nous donne aujourd'hui un vaste ensemble de bâtiments ou se marient la rigueur des longues enfilades frontales , la légèreté de la décoration intérieure et extérieure , la fantaisie du traitement des surfaces, et le foisonnement des objets d'ornement .

Waterhouse avait pris le parti d'utiliser au maximum la Terracotta, ce matériau présentant de multiples avantages . Il permettait notamment de dissimuler les infrastructures en fer et en acier supportant l'architecture mais aussi de recouvrir les immenses façades en rompant l'uniformité par l'utilisation d'éléments bicolores , dont les effets toutefois devaient être garantis par des lavages réguliers . La maniabilité du matériau facilitait en outre la réalisation des motifs ornementaux conçus pour la plupart par Waterhouse lui-même, (colonnes et colonnades, chapiteaux , balustrades, frises en dessins géométriques ou figuratifs) .Londres-hall du  Musée

La diversité fascinante des détails ne se révèle que par un regard attentif , qui découvre avec ravissement cette infinité de représentations légendaires ou réelles de la faune et de la flore . Cette richesse ne doit pas faire oublier cependant tout ce qu'elles dissimule en matière de technologies avancées pour l' époque (système d'aération, de diffusion de la lumière , prévention des incendies) ainsi que l'usage de matériaux moins nobles mais plus performants , comme le fer ou l'acier pour les infrastructures complexes .

L'histoire du Museum d'histoire Naturelle , on le voit , peut se lire comme un roman entre les lignes duquel se profile symboliquement cette continuité du génie humain , admirable oeuvre d'art mariant passé et futur .
Sources: Mark Girouard Published by The Natural History museum

 

 

 

londres  museum ornement6

 

 

londres brochure editée  par le   musée

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Lu 3031 fois Dernière modification le dimanche, 05 avril 2015 22:01
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2 Commentaires

  • Lien vers le commentaire MJ mercredi, 14 janvier 2015 12:41 Posté par MJ

    Je n'avais pas réalisé jusqu'à cette histoire , l'importance qu'avait représentée dans l'évolution des idées le concept même du Musée. La Science et l'Art ont besoin de temples et aussi de sacralisation . Symboles du savoir et de la beauté , accessibles pour tous !
    Quelle consécration ici pour Darwin !

  • Lien vers le commentaire Sunny mardi, 13 janvier 2015 19:52 Posté par Sunny

    Magnifique !
    Londres et ses musées ... un pur bonheur !

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