samedi, 26 janvier 2013 00:00

Alfred de Vigny

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1797-1863

Naissance à Loches en Touraine , en 1797, dans une famille de l'aristocratie militaire ; sa mère qui avait lu Rousseau lui inculque le goût de la musique et de la peinture plutôt que celui des Belles-lettres en même temps que les principes d'une morale rigoureuse, et la conviction d'appartenir à l' élite de l'Ancien régime.

Celle-ci est alors condamnée à la décadence par la corruption morale de la grande noblesse et supplantée par la nouvelle bourgeoisie de l'argent; ce dont prend conscience très tôt le jeune Alfred de Vigny.

Il est également confronté aux deux idées fortes qui marquent son époque : l'aboutissement du rationalisme dans la philosophie française avec la remise en cause des idéaux religieux et les débuts de l'exploitation de l'homme par l'homme en contre-partie du fruit des découvertes scientifiques, le développement de l'industrie .

Son éducation le désignait aux métiers militaires et il en conçut un amour de la gloire des armes. Mais une vie de caserne, loin des champs de bataille, déçut le jeune officier; il démissionna en 1827 pour entamer une carrière littéraire où il obtint un succès immédiat.

Après d'autres Poèmes mineurs parus en 1822, Les Poèmes antiques et modernes, sont publiés en 1826. Les critiques y décèlent la grâce de Chénier mais déjà une fermeté originale et une profondeur d'une facture très romantique.

Bientôt il entreprend également une carrière de romancier et de dramaturge .

Un premier roman Cinq-Mars est un roman pseudo- historique (beaucoup de libertés prises avec les faits) comportant un plaidoyer contre la peine de mort et d'une manière plus générale contre les formes barbares de la justice criminelle.

Bien que soutenu à la fois par Hugo, Lamartine et dans un premier temps par Sainte Beuve, il ne participe pas à la vie du Cénacle romantique dont il se tient volontairement à l'écart.

En 1926 , il épouse une anglaise Lydia Benbury.

Il semble que pendant cette période , « Vigny, fut un écrivain et un homme heureux» (Paul Viallaneix).

A partir de 1830, Les événements (Révolution de Juillet) ébranlent ses convictions politiques. Après des hésitations , il se rallie au nouveau régime de monarchie bourgeoise regroupée derrière le Duc d'Orléans-Louis Philippe(le roi citoyen). Le doute s'instaure vis à vis des systèmes monarchistes soutenus par une bourgeoisie d'argent qu'il méprise. Il tente de se rapprocher des Saint-Simoniens puis des chrétiens de Lamenais qui ne le satisferont pas davantage.

Au pessimisme politique (En 1848 il se laissera séduire par le mouvement révolutionnaire mais en Décembre 1852 il se ralliera à l'Empire ) s'ajoute ses doutes religieux avec son refus de croyance en la divinité de Jésus et ses interrogations de plus en plus pressantes vis à vis de la religion : « Et Dieu ? Tel est le siècle, ils n'y pensèrent pas ! » (Les amants de Montmorency)

Sa liaison malheureuse avec Marie Dorval renforce encore son scepticisme vis à vis de ses semblables et de l'amour humain.

On trouve dans ses œuvres de cette époque le témoignage de cet engagement dans ce profond scepticisme; ainsi du poète qui se trouve isolé comme victime d'ostracisme ou d'une malédiction qui pèserait sur les âmes pures , négligées par la société et les grands qui la représentent et détiennent le pouvoir :

Dans Stello par exemple:

- La légèreté de Louis XV condamne Gilbert à mourir de faim

- -Le fanatisme de Robespierre mène Chénier à l'échafaud

- L'égoïsme de Beckford , Lord maire de Londres, provoque le suicide de Chatterton

Défaut à la parole donnée , trahison par légèreté ou par intérêt , indifférence . C'est aussi l'honneur qui est bafoué, et le poète déjà esprit pur est toujours désigné comme victime expiatoire des fautes des hommes ordinaires quel que soit leur statut social. Ce constat lui suggère d'observer vis à vis de la société une neutralité armée .

Il exprime son pessimisme militaire dans « Servitude et grandeur militaire » (1835) mais aussi l'exaltation de l'honneur en tant que qualité tout humaine sans récompense céleste après la mort , la vertu de la vie. De la conception de la parole d'honneur il aspire à restaurer le sacré du langage.

On y retrouve notamment le Capitaine Renaud martyr de la non-violence .

Si sa carrière de dramaturge et de romancier continue de donner une impression de réussite, A de Vigny ne cesse de voir son scepticisme progresser dans ses relations au monde, relations amicales et amoureuses, relations politiques mais surtout dans son art poétique pour lequel il a conçu un idéal très personnel, rigoureux, s'opposant, dans la forme, à la grandiloquence facile, une quête de la beauté pure mais aussi support à une éthique profondément humaine au delà d'une apparente austérité, qu'on qualifiera parfois de froideur orgueilleuse.

Il aspire à une retraite qui lui permettrait de réaliser cet idéal et s'enferme dans sa « tour d'ivoire » selon l'expression malveillante de Sainte-Beuve.

Des accès de sociabilité l'en font parfois sortir : engagement pour une cause comme celle du droit des écrivains à disposer de leur œuvre , candidature à l'Académie Française (succès après 5 échecs).

Les poèmes de cette période d'exil volontaire, comme son Journal révèlent qu'il ne s'agissait ni d'une défaillance de l'artiste ni d'une démission de l'homme. Ils traduisent l'évolution du solitaire depuis sa dernière prière au dieu de la bible devant la dépouille d'une mère vénérée :

-La sauvage

-La mort du loup.

- La flûte

- Le Mont des Oliviers

- La Maison du berger

- La bouteille à la mer

Il atteint par certaines de ces œuvres l'idéal qu'il s'était fixé en érigeant en symboles des images dont le sens profond imprègne notre culture (la mort du loup, la bouteille à la mer , la maison du berger) .

Il meurt en loup solitaire le 17 septembre 1863.

(Sources Paul Viallaneix / Universalis, Chatterton par Claire fontaine, Stello, Daphné par F. Germain )

A voir : http://www.poetes.com/vigny/index.php

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