lundi, 10 juin 2013 00:00

Le Soja brésilien dévore la forêt amazonienne

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cet article est paru en 2005 , nous sommes en 2014 ..Ce document a valeur de témoignage de notre impuissance.)

(Libération Juin 2005)

Le Mato Grosso, Etat du Brésil qui produit le plus de soja a déforesté à lui seul 48 % de la surface totale défrichée.

Sao Paulode notre correspondante

Du jamais vu depuis neuf ans:entre août2003 et août 2004,26130 km2 de forêt et de savane ont été détruits en Amazonie brésilienne, soit 6% de plus qu'entre les mois d'août 2002 et 2003. Selon la ministre de l'Environnement, Marina Silva, cette hausse est liée à la croissance économique de l'an dernier (5,2%), la plus forte en dix ans. Une croissance dopée par le boom des exportations agricoles du Brésil, et notamment de soja, premier poste à l'exportation et principal accusé.

Elevage. La culture du soja, qui a bondi de 50 % au Brésil depuis 2001, à la faveur de la hausse du cours mondial du grain, repousse l'élevage bovin dans la forêt quand elle ne détruit pas celle-ci pour s'y installer. Cette extension de terres agricoles aggrave d'autant plus la déforestation qu'elle stimule la demande foncière et donc la spoliation des terres publiques. Celles-ci sont défrichées pour être ex­ploitées, ou tout simplement pour être vendues plus cher... Ainsi, le Mato Grosso, Etat du Brésil qui produit le plus de soja, a déforesté à lui seul 48 % de la surface totale défrichée, illégale. Ex-militante écologique, Marina Silva, nommée en 2003 par le président Lula et membre comme lui du Parti des travailleurs, a pourtant lancé un plan de lutte contre le défrichement illégal de l'Amazonie, qui allie l'intensification du contrôle et de la répression des activités illégales à des mesures «structurelles»: création, dans la forêt, d'«unités de conservation» (zones d'usage limité de la forêt), réorganisation de la propriété foncière et projet de loi prévoyant l'octroi de concessions aux exploitants de bois, afin de mieux contrôler cette activité.

Cependant, l'application de ces mesures se heurte à l'insuffisance des fonds alloués à leur mise en œuvre et leur contrôle. En effet, la création d'unités de conservation - 83 000 km2 créés jusqu'ici -suppose d'évacuer les agriculteurs et exploitants de bois établis surplace, de récupérer les terres publiques spoliées, de vérifier l'authenticité des titres de propriété en Amazonie. Si pas moins de treize ministères sont concernés par l'application de ce plan, tous ne sont pas animés d'une égale diligence. Cette «diversité» trahit le conflit qui oppose deux lignes au sein du gouvernement Lula: celle de Marina Silva, qui défend le développement durable, et celle de l'équipe économique, qui ne jure que par l'expansion de l'agriculture exportatrice. «Marginalisée». Selon le Parti vert (PV), Marina Silva est «marginalisée» au sein du gouvernement. Le PV, qui est représenté par sept députés ,à annoncé la semaine dernière son retrait de la coalition parlementaire de Lula en signe de protestation contre la politique du gouvernement qui ne freine pas le défrichement de l'Amazonie, prévoit l'implantation d'un pôle minier et sidérurgique.

(Difficile de concilier croissance économique et écologie !!)

Lu 609 fois Dernière modification le dimanche, 17 août 2014 21:24
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