jeudi, 24 janvier 2013 00:00

La reine des neiges

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De Hans Christian Andersen

Vous souvenez-vous  de la Reine des Neiges ?

Sans doute et en gardez-vous le sentiment d'une histoire un peu triste, un peu froide !

Si l'enfant que vous étiez a versé quelques larmes sur les aventures de Guerda et de Kay , l'avez-vous relu récemment et n'y avez-vous pas découvert l'aspect tragique de cette histoire !

Comme tous les contes sa fin est heureuse , parce qu'il ne faut pas trop attrister les enfants et qu'on peut faire intervenir un bon dieu et des anges pour contrer les manigances du diable .

Mais supposons que l'histoire se joue dans notre monde où l'homme n'a pas le secours des créatures merveilleuses : les efforts de Guerda auraient de grandes chances de rester impuissants ; alors Kay pourrait rester à jamais prisonnier de la Reine des neiges et l'éclat de miroir empêcher définitivement son cœur de battre.

Si vous avez oublié , rappelez-vous .......

Le diable avait inventé un tour particulièrement mauvais ; il avait fabriqué un miroir qui possédait le pouvoir de réduire à néant tout ce qui s'y reflétait de bien et de beau, de noble et d'excellent et, au contraire, de faire ressortir en accentuant tout ce qui était mauvais, méchant et laid. Un jour le miroir se brisa et se répandit sur la terre en milliards de grains de sable. Lorsqu'ils pénétraient dans l'œil d'une personne, celle-ci ne pouvait plus l'enlever et elle ne voyait plus que le mauvais coté des choses et le pire était lorsque l'éclat pénétrait son cœur qui devenait dur et froid comme de la glace.
Dans une grande ville vivaient deux enfants; ils n'étaient pas frère et sœur mais s'aimaient pareillement.
L'été ils vivaient dans un jardin plein de fleurs qu'ils s'étaient construit entre leurs deux maisons .....

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.....mais l'hiver le froid et la neige les empêchaient de se rejoindre. Ils connaissaient bien la Reine des Neiges qui provoquait ces séparations régulières et la redoutaient sans l'avoir jamais vue . Un soir d'hiver, Kay, le petit garçon la surpris dans un vol de flocons : elle était belle et gracieuse , mais de glace ; elle brillait , aveuglante mais non sans séduction. Avant de disparaître elle fit un signe mystérieux à Kay qui en fut tout ébranlé.
Au printemps suivant les enfants jouaient parmi les fleurs caressées par une douce brise quand Kay se frotta subitement les yeux et porta la main à son cœur ! Lorsque Guerda , sa petite amie voulut trouver la cause du mal , il la repoussa brutalement comme jamais il ne l'avait fait ; il s'en prit aussi aux roses qui pour lui se fanaient dès qu'il posait le regard sur elles .
A partir de ce moment, son caractère changea ; Guerda eut l'impression qu'il grandissait subitement en dédaignant leurs jeux d'hier .Elle en éprouvait beaucoup de chagrin parce qu'il prenait de moins en moins de plaisir en sa compagnie et qu'il semblait préférer celle de personnes peu sympathiques comme il préférait aux fleurs de leurs jardins , les fleurs qu'il découvrait dans les flocons de neige .

reine des neiges2

Et la Reine des Neiges revint, elle attira Kay dans son traineau qui filait comme le vent. Elle l'embrassa une première fois et il oublia la sensation de froid ; puis une seconde fois...et il perdit toute mémoire de Guerda et de leur jardin.
Il ne voyait plus que la Reine des Neiges ; il voulait lui raconter les choses qu'il découvrait, mais très vite il en perdit le goût ; les joies d'hier avaient perdu toute saveur, ses anciens plaisirs lui paraissaient médiocres et dérisoire.
Il regarda plus haut, très haut, très loin dans l'infini, et au matin il se retrouva endormi, subjugué aux pieds de la Reine des Neiges.

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Restée seule Guerda désespéra ; elle pleura beaucoup pensant comme tout le monde que son ami était mort ; mais au printemps avec les rayons du soleil elle reprit confiance et partit à la recherche de Kay.
D'abord elle se confia à la rivière qui s'empara de sa barque ; Guerda eut peur mais elle pensa bientôt que peut-être la rivière voulait la mener à Kay.
Puis elle rencontra une vieille femme très laide dont elle eut peur mais c'était une gentille magicienne et ses enchantements n'avaient pour but que de distraire Guerda de son chagrin et de lui faire oublier le but bien incertain de son voyage . Elle la choya et la gâta jusqu'au jour où une rose oubliée vint rappeler à Guerda, Kay et leur jardin. Et la rose retrouvée lui apprit que son ami n'était pas mort mais comme toutes les autres fleurs que Guerda interrogeait , elle ne savait pas ce qu'il était advenu du petit garçon, car les fleurs ne connaissaient que leur propre histoire .Elle décida de quitter le domaine de la magicienne et découvrit derrière la porte ou n'agissaient pas les enchantements , que beaucoup de temps avait passé. C'était l'automne et bientôt il se mit à neiger
Epuisée Guerda se laissa tombée sur le bord du chemin.

Une Corneille s'approcha d'elle et commença à lui raconter des histoires pour chasser son chagrin mais aussi par curiosité . Comme néanmoins elle était bonne elle redonna espoir à Guerda en lui contant l'histoire de la princesse qui vivait dans le château voisin et allait épouser un jeune prince étranger qui à coup sûr devait être le Kay de Guerda .

Guerda reprit une nouvelle fois courage et suivit la corneille jusqu'au château
En vain , ce prince n'était pas son ami. Sa déception fut atténuée par la gentillesse de ses hôtes qui auraient bien aimé garder la petite fille auprès d'eux . Ils lui offrirent de rester et de la combler de riches présents mais Guerda ne songeait qu'à retrouver Kay.
Ellle quitta le château dans un joli carrosse et se retrouva tout de suite dans une forêt sombre infestée de brigands
Les brigands convoitèrent le carrosse et ce qu'il pouvait contenir ; ils l'attaquèrent et tuèrent le cocher sans hésitation , mais la chef des brigands préféra conserver la petite fille pour un éventuel futur repas. Au campement des brigands, Guerda fut prise en amitié par la fille de la mégère . ses manières étaient brutales et pourtant elle cachait un grand cœur . Elle gardait prisonnier auprès d'elle tout ce qu'elle aimait et ne comprenait pas la peine des animaux sauvages privés de leur liberté. Elle aurait bien réservé le même sort à Guerda ; pourtant quand celle-ci lui eut confié son histoire, elle libéra son renne favori en le chargeant de conduire la petite fille jusqu'en Laponie où, selon les oiseaux, se dressait le château de la Reine des Neiges qui avait enlevé Kay.

De Laponie ils furent envoyés en Finlande chez une magicienne finnoise .Le renne faisait de son mieux pour plaider la cause de Guerda mais la magicienne ne put que révéler que Guerda avait été déjà bien heureuse d'avoir su conquérir le coeur de tous ceux qui finalement lui était venus en aide, que cela témoignait de sa force et qu'il ne restait qu'à faire confiance à ses capacités de triompher du sortilège de la reine des Neiges si toutefois c'était possible et, dit-elle dans un profond soupir, de nouvelles épreuves ne manqueraient pas de se présenter encore !
Le renne conduisit Guerda aussi loin qu'il lui était possible puis, avec de grosses larmes dans les yeux, il prit seul le chemin du retour .

Guerda reprit sa route mais elle n'avait plus ni moufles ni souliers en ce pays glacé. Elle se heurta d'abord à l'avant garde de la Reine des Neiges , une armée de Flocons ayant pris la forme, de porcs-épics , de longs serpents ou de petits ours dont les poils se hérissaient. Ils lui barraient le chemin et Guerda n'eut plus que la ressource de prier. De son souffle sortit une troupe de petits anges, armés de lances dont ils se mirent à frapper les flocons pour les briser en mille morceaux . Et Guerda put poursuivre sa route dans le froid et le vent glacial.

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Au château de la Reine des Neiges, Kay ne se doutait pas de l 'approche de Guerda. Dans le palais de glace étincelant de lumière, éblouissant et silencieux , le petit garçon tentait de construire un mot avec les morceaux de glace plats et coupants d'un puzzle enchanté.
L'éclat du miroir qui avait pénétré dans son cœur avait rompu l'harmonie de ses idées qui résistaient à toute logique et les lettres qu'il manipulait à longueur de temps n'arrivaient pas à former le mot magique exigé par la Reine des Neige pour lui rendre sa liberté et lui donner le monde .
Tandis qu'elle s'était absentée, Kay, seul dans le palais, regardait les morceaux de glace d'une façon si intense que tout semblait disparaître autour de lui. Il était immobile et raide ; on aurait pu le croire mort .

C'est ainsi que Guerda le retrouva . Aussitôt elle lui sauta au cou et l'étreignit mais il restait froid et muet, le regard perdu dans les images toujours fuyantes du palais de glace . Alors, de chaudes larmes coulèrent des yeux de la petite fille et tombèrent sur le cœur de son ami . Doucement elles firent fondre la glace, dégageant tendrement le petit morceau de miroir diabolique. Kay regarda Guerda et en la reconnaissant il se mit à pleurer à son tour et le petit morceau de verre qu'il avait dans l'œil fut emporté par ses propres larmes.
Découvrant le froid et la solitude de ce palais de lumière, il se blottit contre son amie et dans sa chaleur la vie lui revint .

D'eux-mêmes les fragments de glace du puzzle enchanté composèrent le mot Eternité qui avec Amour donnaient la clé du monde.

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Lu 1459 fois Dernière modification le vendredi, 15 août 2014 00:16

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