samedi, 26 janvier 2013 00:00

Paul Valéry, indicible correspondance

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(1871-1945)

Indicible correspondance, intime affinité

"Ainsi se manifeste l'indicible correspondance, l'intime affinité qu'il faut discerner, sous des voiles habituels et mensongers, entre deux incarnations de l'art, entre la façade royale de Reims, et telle page de TannHaüser, entre l'antique magnificence d'un grand temple héroïque et tel suprême andante brûlant des flammes glorieuses.Car de subtiles analogies unissent l'irréelle et fugitive édification des sons, à l'art solide par qui des formes imaginaires sont immobilisées au soleil dans le porphyre . "

(Paul Valéry; Paradoxe sur l'architecte )

Paul Valéry et le culte de l'amitié

Valéry évoquant Stéphane Mallarmé est aussi lyrique et touchant que Montaigne devant La Boétie.
Dans Variété II
"Tout était calme et sûr......mais cependant que Mallarmé me parlait, le doigt sur la page, il me souvient que ma pensée se mit à rêver de ce moment même. Elle y donnait distraitement une valeur comme absolue" et plus loin "Nous sommes allés dans la campagne. Le poète "artificiel" cueillait les fleurs les plus naïves. Bleuets et coquelicots chargeaient nos bras. L'air était feu; la splendeur absolue; le silence plein de vertiges et d'échanges; la mort impossible ou indifférente; tout formidablement beau, brûlant et dormant; et les images du sol tremblaient.
Au soleil, dans l'immense forme du ciel pur, je rêvais d'une enceinte incandescente où rien ne cesse; comme si la destruction elle-même se détruisît à peine accomplie. Je perdais le sentiment de la différence de l'être et du non être. La musique parfois nous impose cette impression, qui est au delà de toutes les autres. La poésie, pensais-je, n'est-elle point aussi le jeu suprême de la transmutation des idées?

Mallarmé me montra la plaine que le précoce été commençait de dorer "Voyez, dit-il, c'est le premier coup de cymbale de l'automne sur la terre"

Quand vint l'automne, il n'était plus."

(contribution d'Alice)
Paul Valéry eut également pour amis : André Gide, Pierre Louÿs et Gustave Fourment

En 1927 , il dit de son amitié avec André Gide : "Voici quelques 35 ans que je le connais familièrement, cependant que nos différences se développent à merveille. Nos sentiments sur presque toutes choses sont généralement opposés mais d'une opposition si naturelle qu'elle équivaut à une harmonie "

Lu 835 fois Dernière modification le vendredi, 26 septembre 2014 12:34
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