vendredi, 25 janvier 2013 00:00

Gérard de Nerval

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Gérard de Nerval

1808-1855
Fantaisie, El  Desdichado,  une femme  est l'amour

Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit..
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert que le couchant jaunit.

Puis un château de briques à coins de pierres,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds , qui coule entre les fleurs;

Puis une dame à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
Que, dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue... et dont je me souviens!

(Odelettes)

(chaque fois que je lis ce poème, c'est à Greensleeves que je pense .... !!)


El Desdichado

Je suis le Ténébreux, le Veuf, l'Inconsolé,
Le Prince d'Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte, et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je amour ou Phoebus?.. Lusignan ou Biron?
Mon front est rouge encore du baiser de la Reine;
J'ai rêvé dans la grotte ou nage la Syrène....

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.
(Les Chimères )

par  Jjean  Vilar :

Une femme est l'amour

Une femme est l'amour, la gloire et l'espérance;
Aux enfants qu'elle guide, à l'homme consolé,
Elle élève le coeur et calme la souffrance,
Comme un esprit des cieux sur la terre exilée.

Courbé par le travail ou par la destinée,
L'homme à sa voix s'élève et son front s'éclaircit;
Toujours impatient dans sa course bornée,
Un sourire le dompte et son coeur s'adoucit.

Dans ce siècle de fer la gloire est incertaine :
Bien longtemps à l'attendre il faut se résigner.
Mais qui n'aimerait pas dans sa grâce sereine,
La beauté qui la donne ou qui la fait gagner ?

(Poésies diverses )

Lu 810 fois Dernière modification le dimanche, 10 mai 2015 15:23
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