jeudi, 30 avril 2015 21:39

Fantaisie-sonate D894

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Sonate ou Fantaisie -Sonate pour piano en sol majeur D. 894
Composée en octobre 1826, publiée en 1827


écrite rapidement elle est dédiée par Schubert à son fidèle ami Josef von Spaum
Ce qu'en dit Brigitte Massin à propos du 1er mouvement :
« ....Dès l'abord sont ainsi posés des caractères qui vont marquer toute la sonate : vision ample , temps élargi, climat méditatif, fermeté de la ligne mélodique. Le thème tout en accords est celui d'une mise en route intérieure... un thème du voyage immobile. La démarche s'infléchit encore vers plus d'intériorisation, plus de mystère avec le ppp (pianississimo =très très faible) )qui marque le développement du thème. Le deuxième thème au rythme dansant oppose une ligne mélodique fluide à la fermeté du thème initial. C'est cette fluidité que confirme son développement aux traits rapides en doubles croches où le thème finit presque par se perdre. Une grand gamme crescendo balaye tout le clavier et- c'est ici sans doute que le terme « fantaisie » se trouve le plus justifié par la proximité d'un style d'improvisation – un nouveau thème , motif de transition aérien , surgit inopinément de quelques accords violents ; c'est lui qui va ramener au large thème initial. Le développement central va brusquement inverser les données de cette rêverie poétique : le sol mineur se substitue au sol majeur et les indications ff (fortissimo= très fort) ou même fff (fortississimo=Très très fort) remplacent les pp ou ppp ainsi gommés dans le souvenir .. Le thème initial révèle alors la force dramatique qu'il contenait en puissance. Ses éléments désarticulés, rejetés en canon d'une voix sur l'autre , luttent avec violence dans une progression dramatique qui mène par paliers à une double présentation des larges accords initiaux, d'abord en si bémol mineur puis en ut mineur, dans un sentiment de violence croissante ,à l'opposé de la calme maitrise du thème à son exposé initial. Le deuxième thème, lui-même contaminé, en a perdu sa fluidité et des sombres accents l'accompagnent qui rappellent le dramatisme de certains des plus cruels lieder. La réexposition est amenée avec une infinie douceur par deux mesures investigatrices et ppp. Le retour à la maitrise intérieure du thème initial n'en est que plus poignant après l'âpre combat du développement ; le registre s'élève pour tendre à plus de lumière , mais celle-ci parait maintenant fragile, ébranlée . La brève coda ancre dans les profondeurs , par un recours nouveau aux basses , le thème initial retrouvé dans toute son amplitude. Mais c'est dans un sentiment d'écartèlement entre l'ombre et la lumière que tout s'abîme doucement sous la force invincible d'une attirance tellurique. »

 

Image  de  présentation   Paysage  de   Caspar David   Friedrich   (1920) à la  Kunsthalle  de  Hambourg

Lu 665 fois Dernière modification le vendredi, 30 octobre 2015 00:01

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