The ancient  Mariner
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The  rime of the Ancient Mariner

(Le dit de l'Ancien Marin)

(extrait)

 

 

Assis  sur une pierre, l’Invité des Noces
Ne peut faire autrement , certes, que d’écouter ;

 

La glace était ici, la glace était là-bas,
La glace s’étendait, livide, à l’infini ;

 

 

 

« Que Dieu te sauve, vieux Marin,
De ces démons qui de la sorte te tourmentent !
Mais toi,  pourquoi me regarder ainsi ? » --D’un coup 
D’arbalète, notre  Albatros, je l’abattis.  

 

(Illustrations  de Gustave  Doré)

 

[….] 

Assis  sur une pierre, l’Invité des Noces
Ne peut faire autrement , certes, que d’écouter ;
Et voici ce que dit tout d’abord ce vieil homme,
Le Matelot  à l’œil brillant : 

« Le navire , sous les vivats, sortit du  port :
D’un cœur allègre nous laissâmes
Filer derrière nous, l’église, la colline,
Et jusqu’au  faite enfin de la tour  du fanal, 

Le soleil, au début, se levait sur  bâbord ;
Du sein de  l’onde surgissant !
Et il resplendissait : puis le soir, sur tribord,
Il s’abîmait dans l’océan. 

De plus en plus haut il s’élevait chaque jour,
Jusqu’à ce qu’il  planât,  à midi, sur le mât… »
A ces  mots,  l’Invité des Noces  bat sa coulpe,
Ayant entendu  le son  grave du basson. 

La jeune  mariée vient d’entrer  dans la salle ;
A la rose elle a prit l’incarnat de son teint ;
En balançant la tête, marchent devant  elle,
Les joyeux musiciens. 

Il a battu sa coulpe, l’Invité des Noces,
Sans avoir d’autres choix, pourtant que d’écouter ;
Et  voilà ce que dit ensuite ce vieil  homme,
Le matelot  à l’œil brillant. 

« Alors  le souffle de la tempête surgit,
Et il se révéla tyrannique et puissant ;
Ce souffle nous frappa de ses ailes battantes
Et il nous pourchassa jusque loin vers le Sud. 

Les mâts penchés, la proue s’engageant sous les lames,
Tel celui,  poursuivi de coups et de huées,
Et qui, droit devant lui, fonce,  tête baissée,
Ainsi dérivait le navire, la tempête
Mugissait, vers le sud  toujours  nous fuyions. 

Bientôt vinrent ensemble  et la brume  et la  neige ;
Il fit un  froid prodigieux ;
Et,  plus haut que le mât, autour  de nous flottèrent
De monstrueux glaçons, verts comme  l’émeraude. 

Les falaises de neige, à travers les rafales,
Sur les bords renvoyaient une clarté sinistre ;
Point ne rencontrions forme humaine ou de bête, --
La glace, de tous côtés  nous entourait. 

La glace était ici, la glace était là-bas,
La glace s’étendait, livide, à l’infini ;
Elle craquait, criait, et grondait et  hurlait, --
Tels les bruits qu’on entend lorsqu’on s’évanouit ! 

Au bout d’un certain temps parut un  Albatros ;
Vers nous  l’oiseau venait à travers le brouillard ;
Et comme si c’eût été  une âme chrétienne,
Au nom du Seigneur Dieu nous le hélâmes tous . 

Il mangea  des mets qu’il  n’avait  jamais  mangés,
Et autour du vaisseau  rôda son vol lunaire :
La banquise s’ouvrit dans  un bruit de tonnerre ;
Le sage timonier nous  lança droit dedans ! 

Car  un bon vent du sud de l’arrière soufflait ;
L’Albatros nous suivit,
Et,  dès lors, chaque jour, pour manger ou  par jeu,
Il  venait  au premier appel du  matelot ! 

Dans  la brume ou  la nue, sur le mât et sur  les
Haubans, durant neuf soirs, il se percha ; tandis que
Tout au long des  nuits, perçant la blanche fumée,
Froidement scintillait  le blanc  clair de Lune. » 

« Que Dieu te sauve, vieux Marin,
De ces démons qui de la sorte te tourmentent !
Mais toi,  pourquoi me regarder ainsi ? » --D’un coup 
D’arbalète, notre  Albatros, je l’abattis.  

[…]

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