
(1891-1918)
Un compositeur
pour qui j’ai une
affection particulière ; sans doute celui
qui a le plus contribué
à la découverte de la
musique contemporaine ans dans une expérience personnelle.
Un
peu comme pour Debussy, la
première audition de son
Concerto pour violon n° 1 par exemple peut
paraître déroutante pour une
oreille habituée aux harmonies classiques. L’oreille doit s ‘éduquer
et apprivoiser ces genres
quand ils lui sont nouveaux.
Mais alors quelles richesses,
ils nous prodiguent en élargissant le champ de nos émotions.
Prokofiev
est aussi pour moi , le
premier créateur des Bandes Originales qui transcendent un film . Je pense à
ses œuvres qui sont devenues Cantates
quand il collabora
avec Eisenstein
pour Alexandre Nevski et Ivan
le terrible.
Il est
encore le compositeur du ballet Roméo et
Juliette où il a
équilibré dans ce genre si particulier
, l’esthétique du mouvement du corps humain et celle de la musique, portées
toutes deux par l’émotion d’un
mythe éternel.
Mj
Sa
vie son oeuvre
Naissance à Ekaterinoslav en Ukraine
le 23 avril 1891
Très tôt , il s’inscrit en réaction
face aux courants issus du XIX avec le désir de tourner
la page du romantisme.
En 1914 il rencontre Serge Diaghilev.
La suite Scythe lors de
sa création en 1916, scandalise par son audace : l’effectif
instrumental requis et son utilisation agressive soulignait
la nouveauté d’un langage harmonique très dur .
Il cultive un langage violent avec
un réalisme dramatique hors du commun.
Puis
retour au classicisme qui s’épanouit dans
la symphonie n°1
dite symphonie classique
En
1918 il obtient de quitter
la Russie et se fixe aux Etats
Unis.
Trois années en Amérique le révèlent
comme pianiste et comme
compositeur.
Il compose un opéra :
L’amour des trois oranges,
crée en 1921 à Chicago
puis le Concerto
pour piano, l’une de ses
œuvres les plus
populaires.
A Paris il retrouve Diaghilev qui lui commande
3 ballets : Chout en 1921 ; Le
Pas d’acier en
1928, Le fils prodigue.
Ier concerto pour violon
1923 et 2ème
symphonie .
En 1923 , épouse une soprano
espagnole Carlina Codina
Avec Le Pas
d’acier et la Symphonie n°
2 il se tourne vers le constructivisme, mouvement
artistique notamment en peinture , sculpture , architecture développé au début
du siècle en Russie culminant par
le slogan « l’art
est mort ;Vive l’art de la machine »
(Tatline , Le Corbusier) et l’idéal d’une esthétique
fonctionnelle . Prokofiev, plus
tard reniera plus ou moins cette période
pour ses propres œuvres . Selon sa
formule qu'il proclama en 1934 "le compositeur devait être
compréhensible sans pour autant tomber dans l'artisanal ni dans le
vulgaire "
Dès la fin des années 1920 Prokofiev
ressent le besoin d’un retour
en URSS, qu'il réalisera en
1929 après la mort de Diaghilev
qui le rattachait au monde occidental Il
est salué comme l’enfant prodigue.
Il
compose de nouveaux concertos
pour piano, le cinquième étant considéré comme une sorte de
couronnement.
La période
soviétique (1933-1953 )
Il se fixe définitivement en 1932 et
reçoit rapidement des commandes d’état : Lieutenant
Kijé, 1933) Pierre
et le loup ,(1936) Roméo et Juliette
1935-1938).
Création du concerto pour
violon n°2 en sol mineur opus 63, dont vous pourrez écouter
2extraits contrastés:
( Maxim Vengerov violon, dir.
Rostropovitch)
http://tanit.magicrpm.com/329137/Serge-Prokofiev-concerto-pour-violon-n-2-opus-63-2-3/
Extrait
du 3ème mouvement , allegro ben marcato
http://tanit.magicrpm.com/329126/Serge-Prokofiev-concerto-pour-violon-n-2-opus-63-3-3/
Il
reprend la citoyenneté soviétique en
1937.
Le régime stalinien
commence alors
à se durcir et l’emprise du pouvoir ne cesse de s’affirmer
dans le domaine artistique.
Sa cantate pour le XX ème anniversaire de la révolution d’octobre
est mal accueillie.
1938 Il collabore au film d’Eisenstein
:
Alexandre
Nevski.
http://tanit.magicrpm.com/343789/Serge-Prokofiev-Alexandre-Nevsky-Cantate-opus-78-1-7/
1939,
opéra Siméon Kotko
inspiré par des évènements de
la guerre civile en Ukraine
1940 Rencontre de
Myra Mendelssohn sa future
compagne. Elle joue un rôle essentiel dans l’orientation dramatique et
le choix de ses œuvres avant
d’être condamnée en 1946 à 8 ans de camp de travail.
1941-1952 Opéra Guerre et paix
d’après Tolstoï
1945 Nouvelle collaboration avec Eisenstein
pour le film Ivan le terrible.
Des jeunes
interprètes soviétiques, propagateurs d’une musique moins
officielle Sviatoslav richter, Emil Guilels, David Oistakh lui
fournissent un appui pour ses
compositions plus novatrices.
En
1946 il est assigné à résidence
à Nikolina
Gora non loin de Moscou où il compose son
opéra Un homme veritable qui
traite de l’héroisme du pilote Alexei
Meresiev. Il devra attendre la déstalinisation en 1960 pour être représenté ; il retrouve les
faveurs des autorités avec l’oratorio La garde de
la paix et le
poème symphonique « la rencontre de la Volga et du Don »
En 1952
il remanie pour Rostropovitch
son concerto pour violoncelle op
33 qui devient la symphonie
concertante op. 125
1948-1953 nouveau ballet : la fleur de pierre
et son ultime symphonie la
7 ème
Il laissera de nombreuses
œuvres inachevées .
Il meurt
le 5 mars 1953 le même jour
que Staline et sa mort passe
pratiquement inaperçue.
Musique pure avant
tout
(Les
Essentiels d’Universalis)
L’esthétique de
la musique de
Prokofiev reste difficile à
définir à cause de ses nombreuses facettes
Prokofiev reconnaissait trois
directions essentielles à son art
-
une tendance classique (résurgence de
la prime enfance
)
-
une tendance novatrice (a la recherche d’une harmonie originale
permettant de traduire les
émotions fortes
-
une tendance constructiviste « la moins
valable des trois ».
Il ajoutait le lyrisme et
le grotesque.
Prokofiev , remaniait souvent
ses œuvres soit en tirant des
suites d’orchestre de ses ballets ou
de ses musiques de film soit en les transcrivant
ou encore en réutilisant
le même matériau thématique.
Seuls
le début et la fin de sa
carrière correspondent à des
orientations esthétiques précises :agressivité
rythmique et harmonique, contrastes
violents entre le sarcasme brillant et un indéniable
sens élégiaque dans le premier cas, dépouillement frisant l’austérité
mais parfois intensément dramatique dans le second (période soviétique)
caractère descriptif de sa musique
de film fidèle à la
musique pure . Son lyrisme s’est affirmé
progressivement au fil des
partitions faisant de lui un
des plus authentiques musiciens russes du
XXème
siècle.
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