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Nuit
obscure I
La nuit était
obscure sous les roses mourantes,
Et l’esprit se rêvait un rêve de jeunesse,
Mais le temps étreignit les vagues déshérantes
Sans pleurer ces murmures que nos formes délaissent.
Et il
fallut s’enfuir des rivages morts nés
Où baignait le parfum languide de nos mains,
La vivante matière d’un songe fasciné
Par le subtil éclat de nos âmes en chemin.
L’angoisse
saignait nos corps tombereaux du désir,
Et les pleurs s’éveillaient aux cintres des regards
Pour y voiler l’ombreuse attente du plaisir,
Mais il ne
reste rien qu’un flambeau évanoui,
Et lorsque nos vieillesses ravivent ces regards
Elles béent leurs plaies ouvertes au souffre de la nuit.
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Nuit obscure II
« La nuit
était obscure et éclairait ma nuit,
Les braises incandescentes sous le souffle des monts
Exhibaient en dansant l’indécence et l’ennui
Où gisait douloureuse l’angoisse d’un démon.
J’ai veillé
en silence l’esquisse et le séjour,
Mais le feu ravivé au fronton de sa porte,
J’endiguais le flot d’or où tarissaient mes jours
Dans le parfum abstrait des fugacités mortes.
C’est un
regret passé où résonne l’absence :
Pour n’avoir su maudire sans avoir su aimer
Il m’a fallu goûter les mortes résonances,
Il m’a fallu
briser la force du désir
Qui réveillait en moi son antique beauté,
Et couvrir mon visage d’un flot de souvenirs. »
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Illusion
Il croît, fugueur,
sous l’ombre morte des taudis,
Ses rêves impuissants ont du feu en gésine,
Et il brûle d’aimer le miracle applaudi
Qui le verra maudire ses marges assassines ;
Car l’élan est un rêve
et le rêve un silence
Où vacillent tremblotantes les marques du blessé
Qui l’ignore, mais qui saigne comme saigne la lance
Sur les yeux du vieillard au vase délaissé.
Il se débat, la
fureur emporte ses visions,
Et le flot tourmenté des songes chaotiques
Lui ramène une aurore aux tristes illusions,
Où il croit, songeur,
au miracle des taudis,
Aux sens réveillés des ombres applaudies
Par les tristes senteurs de son parfum mystique.
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Résonance
Tu rêves et tu absous
le silence des mots
Sans pouvoir conjurer l'ineffable présence
Du rêve en mots dits au silence des maux,
Où s'absente un juré d'affable déshérence.
Mais l'inquiet qui se
lève aux portes des hameaux
S'érige en défenseur de ces temples d'errances,
Où ses lèvres emportées qui le baignent d'émaux
Contemple sans noirceur les stryges de Florence.
Et tes palmes noircies
par le plaisir des sens,
Tu rêves de combler à l'orbe des rameaux
Le calme de Narcisse et son désir d'essence,
Car l'orbite et ses
combles portent les chalumeaux
Qui ravivent tes rêves et les plaies du silence
Où la vive rêvée plaide ces résonances.
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ajoutés en août 2007 |
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L'orbe
bleu du mystère
L'orbe bleu du
mystère caresse tes contours,
Tu es l'onde et le puits, le désert et la voix
Où s'abreuve en silence la source de mes jours
Qui saignent, comme saigna le Christ sur la croix.
Je t'aime, mais
toi muette aux yeux d'or dérobés,
Tu rêves de ces mains qui ne sont pas les miennes,
Et ta bouche à sa bouche est une porte bée
Dans ce frisson mantique aux ombres bohémiennes.
Mais qu'importe
l'oubli et le songe au miroir,
Car l'ombre les dévêts et je ne les vois pas
Pleurer la chute et la radiance des mémoires,
Oui je ne vois
que l'ombre au silence dansant
Brûler mes jours de marbre, où les fleurs du trépas
Font croître sur leurs fronts mes rêves sénescents.
ajouté mars 2008
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Le jardin
Jeune
Fille, Le jour s'est tu sur le clos du jardin
Et l'ombre sur tes joues a des reflets de rose ;
Un châle pourpre tes bras nus et leurs flammes encloses
Comme un bouquet d'ajoncs aux portes d'Alhjarin.
Jeune
Fille, je suis le jardinier de ce jardin de fleurs,
Et le tiède tissu des perles déposées
Avivent leur éclat de nuit et de rosée
Dans mon alme royaume où se baignent tes heures,
Jeune
Fille, Le jour s'éteint,il tremble sur tes lèvres,
Je te regarde, les fleurs palissent et je frissonne
Comme un calice nu dans le parfum des fièvres,
Jeune
Fille, mes fleurs s'éteignent et tu ne réponds pas
Je brûle au miroir que ma flamme questionne
Pourquoi dans mon jardin promènes-tu tes pas ?"
"Jardinier
sourit-elle, ne vois-tu pas les roses
Qui trempent au bassin leurs ailes de lumières ?
La treille de la vigne sous l'écorce des pierres,
Le myrrhe et l'aloès à mes lèvres écloses ?
Aveugle
jardinier ! Ta rose est mon calame,
Ces grands oiseaux de nuit y baignèrent leurs feux
Et portent mon secret dans le mystère des cieux :
Je troubles ton jardin car tu troubles mon âme.
J'attendais
ta question, tu ne la posais pas
Et mes larmes muettes sur la vasque des fleurs
Disputait au jardin la trace de tes pas,
J'espérais
en silence ton silence brisé,
Ton jardin espérait mes lèvres déposées
Au calme de tes lèvres dans le secret des heures.
ajouté avril 2009
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