
Dante La Divine
Comédie
Le Paradis Chant 18
G.Doré
Pensées orphiques
Chant I
Visione del paradiso
On se peut réveiller
dans un état tout étranger
certes aliéné, mais nostre affligeante mémoire
nous puis dire que la vie est une rêverie
De me présenter
à vous, sans corps qui puisse
m'être connu. Démuni de pensées malsaines
sans maux : je suis idée qui danse la sarabande.
Air glacial,
les autres danseurs me montrent
Un rivage, le lac, horizon et nous empruntons
Le chemin des eaux gelées et nébuleuses.
Par les bleues
couleurs je suis attiré
Hymne à
l'amour, souveraine exaltation
En ce lieu interdit, eux de pouvoir s'enlacer
comme se confondent deux effets fumeux.
Vers ces deux
lueurs je tends, rapidement
Et de moi à eux, dans un élan respectueux
Leur adresse « Ô âmes ; puis-je savoir ou je suis ;
Ainsi que connaître
de vous ce que vous êtes ?»
Tu me dois croire à leur propos, voyageur,
toujours j'exprime la vérité telle que je la vis.
De moi à vous,
la splendeur de leur récit
Ne se pourrait recréer mais je puis la résumer ;
Ils sont deux âmes que l'on a condamnées.
A errer au cœur
d'une dimension cyclique
Qui sait n'être ni infero ni paradiso
eux qui devant moi se trouvent sont hérétiques ;
Car imbaptisés
de leur vivant,
Damnés amants , esprits sœurs point reconnus
décédés, ensevelis sans sépultures : bannis
Et de moi à
vous, j'enseigne que tout ange
Doit cet univers, traverser, observer et savoir
comme on traverse un pont pour vaincre néant.
Puis de la fin
dudit « pont », j'apercevais
Vers l'éternel avant, le bleu clair d'aube
En
devenir : exaltante vision du paradiso.
***
Cyclicité dolente
- vers libres -
Ô
Hommes, entendez ma Peine ;
voyez, c'est un être craintif
que des Blessures dans l'aine,
savent rendre tout entier Chétif.
Aussi, écoutez
ma Douleur.
Qu'aux prises à l'Angoisse
Je ne saurais cacher : stupeur
Alors prêchons pour ma paroisse.
Agissez selon
ma plainte,
Car ce cycle douloureux
Me fait requêter vostre étreinte
Que
j'entends entre mille feux.
***
Ô amour funeste
- vers libres -
… le désir
me doit mouvoir,
L'appétence fait naître fantasme
Je baigne dans l'illusoire
Qu'il vienne à moi
Et d'une
attente éprouvante
Je me montre vainqueur
Car patience à survécu au temps
La durée qu'il puisse me retrouver.
Quand Amour se
montre enfin charitable
Et sait m'ouvrir les bras
C'est une exquise finalité
Que l'aimer véritable.
Car à présent,
objet, je te saurais louer
Et car Amour vrai est partagé
Tu sauras me chanter à ton tour
Ô amour louable, Ô amour éternel.
***
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