Paul Valéry(1871-1945)
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Valéry
évoquant Stéphane Mallarmé est
aussi lyrique et touchant que Montaigne devant La Boétie.
Dans Variété II
"Tout était calme et sûr......mais cependant que Mallarmé me parlait,
le doigt sur la page, il me souvient que ma pensée se mit à rêver de ce
moment même. Elle y donnait distraitement une valeur comme absolue" et
plus loin "Nous sommes allés dans la campagne. Le poète
"artificiel" cueillait les fleurs les plus naïves. Bleuets et
coquelicots chargeaient nos bras. L'air était feu; la splendeur absolue; le
silence plein de vertiges et d'échanges; la mort impossible ou indifférente;
tout formidablement beau, brûlant et dormant; et les images du sol tremblaient.
Au soleil, dans l'immense forme du ciel pur, je rêvais d'une enceinte
incandescente où rien ne cesse; comme si la destruction elle-même se détruisît
à peine accomplie. Je perdais le sentiment de la différence de l'être
et du non être. La musique parfois nous impose cette impression, qui est au delà
de toutes les autres. La poésie, pensais-je, n'est-elle point aussi le jeu suprême
de la transmutation des idées?
Mallarmé me montra la plaine que le précoce été commençait de dorer
"Voyez, dit-il, c'est le premier coup de cymbale de l'automne sur la
terre"
Quand vint l'automne, il n'était plus."
(contribution
d'Alice)
Paul
Valéry eut également pour amis : André Gide, Pierre Louÿs et
Gustave Fourment
En 1927 , il dit de son
amitié avec André Gide : "Voici quelques 35 ans que je le connais
familièrement, cependant que nos différences se développent à
merveille. Nos sentiments sur presque toutes choses sont
généralement opposés mais d'une opposition si naturelle qu'elle
équivaut à une harmonie "