dimanche, 07 septembre 2014 00:00

Ivan le Terrible

Évaluer cet élément
(0 Votes)
1942-1943
Deuxième   chef  d'oeuvre  de  la collaboration  du compositeur Prokofiev  et  d'Eisenstein réalisateur.
Compte tenu des préoccupations du moment et de la situation du pays , Eisenstein doit élaborer une oeuvre à la gloire du Tsar Ivan, meneur d'hommes et unificateur de la Russie, une oeuvre à la gloire aussi de la patrie et de son peuple, qui au terme d'une lutte rude , parvint à écraser les ennemis et à conquérir liberté et grandeur . Les moyens sont considérables , les décors magnifiques, les acteurs les plus célèbres parmi lesquels l'inoubliable Nicolaï Tcherkassov qui avait déjà incarné le personnage d'Alexndre Nevski. Ce sujet grandiose, expliqua Eisenstein, exigeait une mise en scène monumentale...
"Le desir de brosser une fresque majestueuse nous a obligés à recourir à des moyens d'expression majestueux: le langage est devenu rythmique, et les choeurs se sont mêlès aux dialogues".
Le film se présente bien comme une fresque ou un immense poème épique construit un peu à la manière d'un opéra. Il intégre étroitement à l'action , la musique symphonique, les choeurs, les ballets La composition de la musique est d'ailleurs symptomatique de l'unité de vue d'Eisenstein et de Prokofiev : tantôt les séquences musicales furent inspirées par les séquences déjà filmées ,tantôt elles furent écrites avant et servirent de canevas aux images. La musique de Prokofiev est étonnament plastique, affirmait Eisenstein. Elle ne se contente jamais de demeurer seulement illustrative. Faisant toujours magnifiquement toute image, elle révèle avec un frappant éclat, la marche intérieure des évènements". La structure dynamique dans laquelle se concrétise l'émotion et les sens des évènement. .Dans la deuxième partie du film surtout, la musique est presque omniprésente et apporte à l'évènement historique une élément profondément humain . Cette vision de l'histoire ne fut pourtant pas du goût des officiels . Si la première partie du film reçut le prix Staline, en 1946, la seconde partie fut interdite par le Kremlin. Une troisième partie devait permettre à Eisenstein de se "racheter" mais il mourut le 11 fevrier 1948.sans avoir pu la réaliser. Prokofiev disparut , lui, en 1953. Huit ans après , pour le 70 ème anniversaire de sa naissance, Abram Stasevitch tira de la partition du film un oratorio qui regroupe 17 des 20 séquences. Il retrace les évènements dans leur déroulement hsitorique (contraierement au fim qui comporte des retours en arrière) Il commence par les épisodes qui commentent la jeunesse d'Ivan, son couronnement à 16 ans , sa determination à apporter la puissance à la Russie, son mariage. Puis c'est le règne proprement dit , sa lutte contre les intrigues des Boyards, contre les occupants tatars. C'est ensuite la maladie d' Ivan qui supplie les boyards de préter serment à son fils, la mort de la tsarine Anastasia, assassinée selon la légende par la tante d' Ivan, Efrosinia qui voulait voir son propre fils , Dimitri , monter sur le trone. C'est cette même Efrosinia qui dans le film ,chante la chanson du castor en berçant le corps sans vie de son fils. On voit le drame de l'homme face aux trahisons , sa retraite au village d'Alexandrov d'où il revient à l'appel du peuple .Et le tout-puissant s'affirme avec ses gardes personnels, les opritchmiki, dévoués cops et âme. Les séquences sont liées entre elles par un récitant qui , à la manière du choeur antique , commente l'action. On peut rêver à ce qu'aurait été la troisième partie (D'après Odile Martin )

Quelques moments de l'oratorio opus 116 :

Le narrateur

A l'époque où il y avait en Europe
Charles Quint et Philippe II
Catherine de Médicis et le Duc d'Albe
Henry Wiii et Marie la Sanglante,
les bûchers de l'inquisition et la nuit de la Saint Barthélémy,
Sur le trône de grands princes de Moscou
monta celui qui le premier devint
Tsar et souverain de toute la Russie
le Tsar Ivan Vassilevitch le terrible.

Ouverture avec Choeur

Un nuage noir s'élève
L'aube s'imprègne d'un sang vermeil
Alors la trahison perfide - celle des boyards,
part en guerre contre la puissance du tsar !

Hymne :

Sur la colline se dressent les chênes,
Sur les chênes sont perchés les tourteraux.
Liou-li, liou-li mes eptits chéris.
Ils bavardent entre eux
Ils vantent les mérites du vaillant jeune homme.
Le tsar Ivan, c'estson nom
Vassilievitch c'est son patronyme.
Liou-li, liou-li mes chéris ....

Mer Océane (contralto solo, choeur et orchestre )

Mer Océane,
Mer bleue,
Mer bleue glorieuse, Tu t'étires jusqu'aux nuages
Tes vagues s'abattent jusqu'au haut soleil.
Sur tes rives
Des villes se dressent
Nos anciennes villes se dressent
Prisonnières de l'ennemi noir.
Mer Océane
Mer bleue
Mer Océane ,
Mer bleue
Mer bleue , mer russe !

La chanson du castor (Berceuse D'Efrosinia )

Dans la rivière, dans la rivière glacée,
Dans la Moskova un castor se baignait;
Un castor noir
Il ne s'est pas lavé , il s'est tout crotté.
Après s'être baigné, le castor est monté sur la colline,
Sur la haute colline de la capitale
Il s'est séché, il s'est secoué
Il a regardé partout, autour de lui et derrière lui,
Si personne ne vient si personne ne cherche.
Les chasseurs sifflent , ils cherchent le castor noir.
Les chasseurs courent,
ils trouveront le castor noir
Ils veulent tuer le castor noir
le dépouiller
Pour garnir de castor une pelisse de renard
Pour vêtir le tsar Vladimir.

 
La chanson  du  castor (Berceuse   D'Efrosinia )

Lu 955 fois Dernière modification le dimanche, 10 mai 2015 14:19
Plus dans cette catégorie : « Alexandre Nevsky Roméo et Juliette »

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.