Le Kalevala
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Le Kalevala         

 (épopée populaire Finlandaise)                         

 Chants recueillis de la tradition orale et mis par écrit par Elias Lönnrot en 1835

                              

Chant I

(Les 30 premiers vers )

 

 (Traduction de Jean Louis Perret)(1)

 

Voici qu'un désir me saisit,
L'idée m'est venue à l'esprit
 De commencer à réciter,
 
De moduler des mots sacrés,
D'entonner le champ de famille,
Les vieux récits de notre race ;
Les mots se fondent dans ma bouche,
Les paroles lentement tombent,
Elles s'envolent de ma langue,
Se dissipent entre mes dents.
  Frère aimé, compagnon chéri,
Beau camarade de jeunesse,
Viens vite chanter avec moi,
Approche-toi pour réciter,
Puisque nous voici réunis
Provenant de lieus différents;
Rarement nous nous rencontrons,
Nous nous retrouvons avec peine
Dans notre triste territoire,
Dans nos pauvres terres du nord.
Approche ta main de ma main,
Glisse tes doigts entre mes doigts
Pour entonner nos plus beaux chants,
Pour réciter nos meilleurs contes;
Nos amis prêteront l'oreille, 
Nos compagnons écouteront,
Dans la jeunesse qui grandit,
Parmi la race adolescente,
Les chants reçus de nos ancêtres,
Les mots tirés du ceinturon
Du ferme et vieux Väinämöinen
De la forge d'Ilmarinen,
Du glaive de Kaukomieli,
Au fond des champs de Pohjola,
Dans les landes de Kalevala.

 

...........

Traduction de G. Rebourcet (1)

Le désir têtu me démange
L'envie me trotte la cervelle
D'aller entonner la chanson,
Bouche parée pour le chant mage
Egrenant le dit de ma gent
La rune enchantée de ma race

Les mots me chantent dans la bouche
Grains de gorge puits de paroles,
Ils se ruent torrent sur ma langue
Ils s'embruinent contre mes dents.

Petit frère, mon frérot d'or,
mon beau compagnon de jeunesse !
Fais-moi compagnie pour le chant
viens-t-en m'en joindre au jeu des runes
car nous sommes ce jour ensemble
après maints jours en d'autres bords !

Rare est le jour qui nous rassemble
Le temps que nos chemins se croisent
En ces confins de pauvres terres,
Champs de Norrois, Terres piteuses.

Topons çà la main dans la main,
doigts glissés par entre les doigts
pour entonner la chanson bonne
et bailler la rune meilleure,
la foule d'or pourra l'entendre
pour savoir, la flopée curieuse,
ceux de la jeunesse levante,
haute pousse, les ouailles belles :

Ce sont les mots de l'héritage,
runes tournées au baudrier
du vieux Väinämöinen,
sous la forge d'Ilmarinen,
l'épée de Lemminkäinen,
l'arc de Joukahainen
au fin fond des champs de Pohja,
les landes du Kalevala

 

 Il n'existe à ma connaissance que deux traductions en français et en vers  du Kalevala : Celle de Gabriel Rebourcet  Aux Editions Gallimard, collection "A l'aube des peuples" (1991).

Et une beaucoup plus ancienne, celle de Jean Louis Perret de 1931 rééditée en 1978 Chez Stock.

(Jean Louis Perret a  néanmoins cité une précédente traduction , en prose de Léouzon-le Duc en 1868)

La linguistique ayant sans nul doute évolué entre 1931 et 1991, la traduction de Gabriel Rebourcet est certainement incontournable..

Pourtant sans me permettre de jugement de valeur, à la lecture,  je lui préfère celle de Jean Louis Perret dont le style plus fluide me semble personnellement plus abordable.    

Une autre raison me fait privilégier celle de Jean Louis Perret : puisque je suis venue au Kalevala par Tolkien, il m'a semblé plus intéressant de me fixer dans l'époque contemporaine de l'auteur du Seigneur des Anneaux, en espérant que la vision française de la littérature Finlandaise approchait la vision anglaise (ce qui n'est pas certain!!)   

                                                      ------------------------------------------

Table  de l'édition de 1978 de J.L. Perret

Chant I      :   Exorde- Création du monde – Naissance de Väinämöinen

Chant  II    : Väinämöinen ensemence la terre . – Le gros chêne – Le premier écobuage

Chant  III   : Rivalité de Väinämöinen  et de Joukahainen – Victoire de Väinämöinen , à qui son adversaire promet sa sœur Aino.

Chant IV    :  Aino désolée de devenir l’épouse d’un vieillard se noie.

Chant V     :   Väinämöinen cherche Aino dans la mer – Il décide d’aller épouser une fille de Pohjola

Chant  VI   :  Joukahainen guette Väinämöinen et le précipite dans les flots

Chant  VII  : Sauvé par un aigle, Väinämöinen parvient à Pohjola – Il promet d’envoyer le forgeron Ilmarinen pour forger un Sampo.

Chant  VIII : En rentrant chez lui Väinämöinen se blesse et cherche un guérisseur

Chant  IX    :   Origine du fer – Guérison de la blessure

Chant  X     :    Ilmarinen forge le Sampo à Pohjola – La fille refuse de partir avec lui

Chant  XI    : Lemminkäinen ravit la belle Killikki et l’épouse

Chant  XII   :  Sa femme ayant rompu son serment de ne pas aller au village, Lemminkäinen part pour la guerre

Chant XIII   : Lemminkäinen , pour obtenir la main de la fille de Pohjola, doit accomplir trois prouesses : chasse du grand élan

Chant XIV  : Grâce à des formules magiques, Lemminkäinen capture l’élan – Puis il bride l’Etalon- Il va à la chasse du cygne de Tuoni, mais est frappé par un berger et tombe dans le fleuve infernal

Chant  XV  : La mère de Lemminkäinen recueille dans le fleuve les débris de son fils, les assemble et rend la vie au héros

Chant XVI  : Väinämöinen, ayant besoin de mots magiques pour construire une barque va les chercher aux enfers

Chant  XVII : Väinämöinen cherche d’autres mots magiques dans le ventre du géant Vipunen

Chant XVIII : Väinämöinen se rend en bateau à Pohjola pour y briguer la main d’une fille – Ilmarinen le rattrape – La jeune fille renvoie Väinämöinen et accepte Ilmarinen

Chant  XIX  : Ilmarinen accomplit les trois prouesses avec l’aide de sa fiancée

Chant XX    : Préparatifs du festin de noces à Pohjola

Chant  XXI  : Arrivée du fiancé et de ses gens – Banquet – Väinämöinen remercie au nom des invités

Chant  XXII : Conseils à la fiancée – Regrets sur le passé

Chant XXIII : La fiancée est mise au courant de son travail chez son mari

Chant XXIV : Conseils au fiancé – Ilmarinen et son épouse partent

Chant  XXV : Réception du fiancé chez lui – Väinämöinen chante et remercie 

Chant XXVI: Furieux de n’avoir pas été invité aux noces,  Lemminkäinen se rend à Pohjola, à travers une foule de dangers

Chant XXVII: Lemminkäinen provoque le patron de Pohjola en duel et le tue

Chant XXVIII : Lemminkäinen s’enfuit de pohjola, rentre chez lui puis gagne une île lointaine , pour échapper aux poursuite de Louhi, patronne de Pohjola

Chant  XXIX : Après avoir séduit toutes les femmes de l’île, Lemminkäinen se sauve et revient au pays – Son domaine est anéanti mais il retrouve sa mère vivante

Chant  XXX  : Lemminkäinen et son compagnon Tiera font une expédition contre Pohjola – Louhi déchaîne le Froid contre eux

Chant  XXXI : Rivalité des deux frères Untamo et Kalervo – Naissance et jeunesse de Kullervo, fils de Kalervo, seul survivant de sa famille – Untamo vend Kullervo au forgeron Ilmarinen

Chant XXXII : La femme d’Ilmarinen envoie le troupeau dans les pâturages sous la garde de Kullervo

Chant  XXXIII : Pour se venger d’une farce de sa patronne, Kullervo ramène au bercail un troupeau de loups et d’ours qui déchirent la femme d’Ilmarinen

Chant  XXXIV : Kullervo se sauve et retrouve toute sa famille qu’il croyait morte

Chant XXXV   : Kullervo abuse de sa sœur sans la connaître – La jeune fille se tue

Chant  XXXVI : Kullervo quitte sa famille – Mort de ses parents – Il tue Untamo puis se suicide

Chant  XXXVII : Ilmarinen se forge une femme en or et argent ; déçu il la donne à Väinämöinen qui la refuse

Chant XXXVIII : Ilmarinen enlève une des filles de Pohjola – Elle le trompe et il la change en mouette –Prospérité donnée par le Sampo à Pohjola

Chant  XXXIX  : Väinämöinen, Ilmarinen et Lemminkäinen vont demander à Louhi de partager avec eux le Sampo

Chant  XL         : __ Le bateau reste pris sur le dos d'un brochet __ Väinämöinen tue le poisson avec la machoire duquel il construit un Kantélé, sorte de cythare __

Personne ne peut en jouer.

Chant  XLI        : __ Väinämöinen joue du Kantélé __ Tous les êtres vivants accourent pour l'entendre.

Chant  XLII       : Louhi refuse de partager le Sampo – Väinämöinen endort tout le peuple de Pohjola et charge le Sampo sur son navire qui s’éloigne – Louhi s’éveille et suscite des embûches sur la route des ravisseurs. Le kantélé tombe à l’eau et disparaît

Chant XLIII        : Changée en aigle , Louhi se pose sur le bateau des ravisseurs – Au cours de la lutte le Sampo glisse dans la mer et se brise _ On en recueille les débris – Louhi rentre chez elle désormais privée de saprospérité

Chant  XLIV      : Väinämöinen construit  un nouveau kantélé en bois de bouleau

Chant  XLV       : Louhi déchaîne des fléaux sur Kalevala – Väinämöinen guérit son peuple

Chant  XLVI      : Väinämöinen tue l’ours envoyé par Louhi

Chant  XLVII     : Louhi ravit le soleil et la lune et les cache dans une montagne – Väinämöinen et Ilmarinen partent à la recherche d’une étincelle tombée du ciel

Chant  XLVIII    : Ils trouvent l’étincellle dans le ventre d’un poisson _ Ilmarinen se brule mais il guérit

Chant XLIX        : Ilmarinen forge des astres nouveaux qui ne donnent pas de lumière -  Väinämöinen ne réussit pas à délivrer le soleil et la lune – mais Louhi effrayée par les préparatifs de ses ennemis, remet les astres à leur place dans le ciel

Chant L               : Marjatta fécondée par une baie accouche dans une écurie – Son fils est proclamé roi de Carélie – Väinämöinen,  vaincu se retire, laissant à son peuple le Kantélé - Conclusion 

                   

 

Liens....(Analyse de l'oeuvre et le travail de Lönnrot):

Les sources Mythologiques de Tolkien sur JRRVF :

http://www.ifrance.com/jrrvf/sources/kalevala/kalevala.html  

http://www.ifrance.com/jrrvf/sources/kalevala/kalevala_univ.html

 

.................

  Cosmogonie du Kalevala

Dans le chant I du Kalevala , le barde nous conte la naissance de l’univers , la formation de la terre et l’apparition de Väinämöïnen. 

Ilmatar (Luonatar) fécondée par l’air et l’eau 

Vers 111 Il était dans l’air une vierge,
                La superbe Luonatar ;
                Très longtemps elle resta pure
                Et vécut dans la chasteté
                Au fond des vastes cours de l’air,
               Dans les plaines unies du ciel.
               Elle finit par s’ennuyer,
               Par se fatiguer de sa vie,
               De rester toujours solitaire,
               De vivre toujours chaste et pure
               Au fond des vastes cours de l’air,
               Dans les espaces infinis.
               Elle en descendit à la fin,
                Se posa sur les grandes vagues
                   ……

   Vint un violent coup de vent
 De l’Est un orage puissant
 Qui couvrit d’écume la mer,
 Souleva des vagues énormes
   …….

               Le vent vint féconder son sein,
La vague la rendit enceinte.
Elle porta son lourd fardeau
Le faix de son ventre pesant
Pendant sept centaines d’années,
Au cours de neuf vies de héros ;
Elle ne pouvait enfanté ,

V.142     Mettre au monde l’être incréé. 

Ilmatar erre et souffre. Elle en appelle à Ukko dieu suprême : 

V.179     Vint un canard, un bel oiseau
               Il volait d’un vol saccadé,
               Cherchant un endroit pour son nid,
                 ……..

V.189      Il vola longtemps en planant,
                Puis il se mit à réfléchir :
                « Mettrai-je mon nid sur le vent,
                Ma maisonnette au sein des vagues ?
                Le vent renversera mon nid
                La vague emportera ma chambre. »
                Mais alors la mère des eaux,
                La superbe vierge de l’air,
                Sortit son genou de la mer,
                Son épaule des vastes ondes,
                Offrant au canard un endroit
                Où bâtir sa chère demeure.

 

Le canard construit son nid sur le genou d’Ilmatar et y dépose ses œufs (six en or le septième en fer.) Quand Ilmatar sent son genou la brûler :

 

V. 223                  Elle secoua son genou,

                              Etendit brusquement ses membres ;

                              Les œufs roulèrent dans les ondes ,

                              Disparurent au sein des vagues ;

                              Ils se brisèrent en morceaux,

                              Furent réduits en mille miettes.

                              Ils ne churent pas dans la vase,

                              Ne restèrent point dans les flots ;

                              Tous les morceaux se transformèrent

                              En choses bonnes et utiles :

                              Le bas de la coque de l’œuf

                              Fut le fondement de la terre,

                              Le haut de la coque de l’œuf

                              Forma le firmament sublime,

                              Le dessus de la partie jaune

                              Devint le soleil rayonnant,

                              Le dessus de la partie blanche

                              Fut au ciel la lune luisante ;

                              Tout débris taché de la coque

                              Fut une étoile au firmament,

                              Tout morceau foncé de la coque

                              Devint un nuage de l’air.

                              Le temps avança désormais

                              Les ans succédèrent aux ans

                              A la clarté du soleil neuf

                              Aux rayons de la lune neuve ;

                              Mais la vierge nageait toujours

                              …….

 

Ilmatar qui porte toujours Väino entreprend la création, se met à modeler le monde :

 

V. 263            Partout où sa main se plaça

                              Elle créa des promontoires ;

                              Partout où son pied se posa

                              Elle fit des trous à poissons

                              Partout où son corps se courba

                              Elle creusa d’énormes gouffres

                              ……

V 281                     Déjà les îles sont placées,

                              Les piliers de l’air sont dressés,

                              Les continents sont évoqués,

                              Les signes gravés sur la pierre

                              Les mots inscrits sur le rocher ;

                              Väinämöinen n’a point paru

                              Le barde éternel n’est pas né.

                              ….

Väinämöinen s’ennuie ; comment exister, comment vivre dans cette cachette si sombre ?

 

V.304                    « Lune, soleil délivrez-moi,

                              Grande Ourse accours pour me guider 

                              Hors de ces portes inconnues,

                              Loin de ces étranges enclos,

                              Hors de ce nid trop exigu,

                              Loin de cette étroite demeure !

 

Mais il devra se délivrer seul :

 

V. 335                   Il se leva sur les genoux

                              Des deux bras il fit un effort,

Il se dressa pour voir la lune,

                              Pour admirer le soleil d’or,

Pour s’adresser à la Grande Ourse,

                              Pour examiner les étoiles.

                              Ainsi naquit Väinömäinen

                              Apparut le barde éternel,

                              Enfant d’une mère divine,

                              Issu de la vierge Ilmatar

                       

 

Quelques réflexions inspirées par ce premier chant :

La principale actrice est Ilmatar , une déesse mère,

Vierge, elle est fécondée par l’air et l’eau alors qu’elle est désignée également sous le nom de mère de l’eau.

Il existe cependant un dieu supérieur Ukko qu’elle implore de la délivrer

 

En réponse , semble-t-il , apparaît le canard dont les œufs brisés contiennent les éléments primordiaux : le ciel, le soleil,  la lune,  les étoiles, la terre, les nuages, le temps, la lumière.

 

C’est alors qu’Ilmatar pourra entreprendre de façonner la terre , mais une terre stérile, sans végétation, sans animaux .

 

A son tour , Väinämöinen pourra naître,  par sa seule volonté, et lorsqu’il nait il est déjà vieux..

                                                                                           ..................                                 

Chant II

Väinämöinen ensemence la terre . – Le gros chêne – Le premier écobuage

Traduction de Gabriel Rebourcet

 

Adonc Väinämöinen 
gagne  de pied  ferme la lande
Sur l’île rase  aux reins  des vagues,
Terre nue, la terre sans arbres.

Il y demeure mainte année ,
Jour après jours coulant sa vie 
Dans l’île rase ,île sans  nom,
Toute nue,  la terre sans arbres. 

Il songe, le sage, et resonge,
Retourne l’idée dans son crâne :
Qui saura faire les semailles ,
Lancer les nuages de graines  ?  

Pellervo, le fils de la  terre 
Le fils  petit du champ, Sampsa, 
Voilà l’homme pour les semailles 
Et les nuées de graines vives ! 

Dos courbé, il jette la semaille,
Sème en terre, sème en moullières, 
Il nappe les chablis sableux,
Il ensème dru la rocaille. 

Sur les collines, les pinières,
Sur les tertres,  les sapinières,
Il sème la lande en bruyère
En taillis tendres les vallons.  

Puis les bouleaux en marécages
En terre moullières les aulnes,
Les merisiers en  terres neuves,
Et les marsaults en terres fraîches,
En terres sacrées les sorbiers,
Dans les terres de crues les saules,
Le genièvres en terres arides, 
à  l’orée du fleuve les chênes. 

Poussée vive les arbres lèvent,
Hautes ramées, tendres ramilles, 

 Les sapins poussent , cimes rouges
Branches déployées les pins s’ouvrent. 

Les bouleaux lèvent dans les noues,
Les aulnes  par  terres mouvantes,
Les merisiers en terres fraîches
Et le genièvre en terre aride,
Du genièvre la jolie baie,
Et le fruit du bon merisier. 

Le vieux Väinämöinen ,
Barbe sage vient regarder
La levée  des grains de Sampsa,
Les semailles de Pellervo. 

Il voit les arbres déployés,
Bourgeons levés les pousses jeunes ;
Seul manque aux semailles le  chêne,
 L’arbre Dieu n’a point ses  racines. 

Il peste et maudit la canaille,
Jure maints jurons sur son sort ;
 Puis il attend trois nuits encore,
 Veille autant de jours et patiente. 

 Puis il vient regarder l’ouvrage.
Après long temps, longue semaine :
Nenni ,  n’a point poussé le chêne,
Pas une griffe  à l’arbre Dieu. 

Le chêne finit par pousser mais il  est trop grand il faut l’abattre 

L’arbre déploie ses branches grandes
Il s’étire en rameaux feuillus. 

L a cime se  hisse aux nuages,
Le ramage envahit le ciel,
Brise la courre des nuages,
Déchire les flocons pressés,
Soleil étouffé, jour couvert, 

 Le vieux Väinämöinen  
Lors songe, barbe sage et pense :
Qui saurait l’abattre le chêne,
Coucher l’arbre , le beau,  le fier ? 

Triste sera la vie pour les hommes,
Pour les poissons, la nage affreuse
Sans jour, sans le feu  du soleil,
Ni la lune aux blanches  lueurs. 

Le  chêne est abattu, puis tous les arbres seul le bouleau  est  épargné 

Le coucou vient , gorge en printemps,
Il voit debout le bouleau  blanc : 

« Pourquoi l’as-tu  donc  épargné
le bouillard à l’écorce blanche ? »
 Väinö le vieux lui répond : 

« entends pourquoi j’ai laissé l’arbre,
 le bouillard ouvrir sa ramée :
il sera ton arbre de chant . 

« Coucou viens-t’en piailler de gorge,
fais ton chant clair , gosier de sable, 
gosier d’argent, ton cri limpide,
coule  haut ta gorge d’étain ! 

 Coucoule aux soirs, bavarde à l’aube ,
Chante  encore au mitan du jour,
Crie, prodige en ces terres miennes,
Joue mes forets en tintamarre,
que le gibier  vienne à mes rives
Et les moissons  à mes champagnes ! »

....

Influences du Kalevala sur les arts :

Musique: Sibélius musicien finlandais  a consacré  nombre de ses oeuvres à l'épopée finlandaise.: Kullervo, La suite de Lemminkäinen, le cygne de Tuonela ....

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Petit rappel sur l'histoire de la Finlande 

 

Par leur situation septentrionale, les territoires de la Finlande ayant subi les effets les plus marquants de nos anciennes glaciations n’ont été que tardivement occupés par les populations  préhistoriques.

Les premières populations de ces régions se sont constituées des premières migrations de différentes origines, probablement:

- Peuples des rives nord de la Méditerranée repoussés de plus en plus vers le Nord

- Peuples de l’Asie du Nord qui se sont répandus vers l’Est (détroit de Bering ) ou vers l’Ouest (Nord de la Russie, Sibérie et extrémité Nord de l’Europe (pourtour de la Baltique) et pays scandinaves .  

Les Finnois  

La Finlande se distingue des Etats Scandinaves :  

Elle fut d’abord peuplée par les Finnois (Groupe Finno-Ougriens qui dès le début de notre ère occupèrent une bonne partie de la Russie septentrionale et la rive Sud du golfe de Finlande) 

Le groupe Finno-Ougrien comprend :

a)      Les Hongrois, les Vogules, les Ostiaks

b)     les Finnois, les Caréliens, les Esthoniens, les Livoniens etc…

c)      différents des Lapons d’origine Mongole repoussés au Nord par les Finnois

d)     différents des Turco-Tartares 

 Il présente de nombreux contacts avec les Indo- européens dont il est un rameau 

 

Elle se trouva peu touchée  lors des grandes invasions du IV° et V°èmes siècles par les peuples germains qui découvraient  une nature hostile. 

Jusqu’au XI° siècle Les Finnois restent païens

XII° siècle :Première croisade des Suédois

La Finlande devient un duché Suèdois jusqu’au XVI siècle

Conquête de la Finlande par la Russie en 1809 sous le Tsar Alexandre Ier

En 1917 proclamation de l’indépendance de la Finlande à la faveur de la révolution Russe

En 1941 La Finlande s’engage au côté du IIIème Reich contre l’URSS

1947-1948 : Signature de paix avec les Alliés et poursuite d’une politique d’entente avec les pays nordiques et avec l’URSS

1989 : La Finlande devient membre du Conseil de l’Europe

1995 : Adhésion de la Finlande à l’Union Européenne

 

Liens sur les origines des Finnois :

http://www.info-finlande.fr/fo/visu.php3/Msg_24_55_68_1_7

 

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