Greensleeves
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 Quel air pouvait bien inspirer à Gérard  de Nerval pareille réflexion et  imposer cette préférence à sa sensibilité poétique?

Il fallait une mélodie éternelle, dont on ne puisse se lasser, un  rythme languissant , des accords apaisants  évoquant la douceur de l'automne avec la nostalgie d'un été finissant . Un air couleur de feuilles  mortes et de soleil couchant , se reflétant dans les vitraux dont s'ornaient les demeures "renaissance", au parfum de feuilles brunes et rousses  rassemblées par les jeunes filles de Millais accomplissant le rite saisonnier, vibrant des timbres chauds et dorés  des beautés intemporelles  de  Dante Gabriel Rossetti. 

 

- Extrait de Fantasia on  Greensleeves de l'opéra  "Sir  John  in love " sur les aventures de Falstaff  de Ralph  Vaughan Williams  (1929)     

- mais aussi un court  extrait plus classique interprété par  la soprano  Julianne  Baird accompagnée au  luth  par  R. McFarlane

                                                              

 

 

 

 

 

 

 

 

John Everett MILLAIS

Fantaisie

Il est un air pour qui je donnerais
Tout Rossini, tout Mozart et  tout Weber,
Un air très vieux, languissant et funèbre,
Qui pour moi seul a des charmes secrets.

Or chaque fois que je viens à l'entendre,
De deux cents ans mon âme rajeunit..
C'est sous Louis treize; et je crois voir s'étendre
Un coteau vert que le couchant jaunit.

Puis un château de briques à coins de pierres,
Aux vitraux teints de rougeâtres couleurs,
Ceint de grands parcs, avec une rivière
Baignant ses pieds , qui coule entre les fleurs;

Puis une dame à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens,
 Que, dans une autre existence peut-être,
J'ai déjà vue... et dont je me souviens!

Gérard de  Nerval

 

Dante Gabriel  Rossetti

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