Aspasie:
Périclès, peut-être le plus célèbre des Athéniens,
souffrait d'un mal, on ne peut plus incongru et déplacé pour un Grec de son époque:
il était amoureux. Pas de 'n'importe qui , d'une femme! De surcroît, une étrangère
(Aspasie venait d'Asie Mineure) et, comble de tout, elle se permettait de
raisonner. Comme toute étrangère, elle n'eut jamais le droit d'épouser un Athénien
mais, parce qu'elle était étrangère, elle fut plus libre que n'importe
qu'elle autre femme grecque. Revers de la médaille, les Athéniens bien-pensants
lui ont prêté des moeurs indignes d'une Athénienne de pure souche. Or,
Plutarque lui-même ne peut que souligner l'étonnante intelligence et l'étendue
de son savoir qui lui valurent l'attachement de Périclès. Elle aurait été,
chose inouïe, professeur de rhétorique et, comme Socrate, aurait formé la
jeunesse athénienne. La vivacité de son esprit, le don de la parole et
l'érudition sont autant de traits qui annoncent une autre femme, grecque elle
aussi, quand bien même on l'oublierait, Célèbre pour son intellect bien plus
que pour sa beauté, ..........Cléopâtre.
( contribution d'Alice)
Flora Tristan :
1803- 1844
Contemporaine de George Sand ,
de Victor Hugo, de Fourier, de Marx…
Grand mère de Gaughin
Femme de lettres, militante socialiste et féministe, elle fut l’une des
figures majeures du débat social à partir de 1830 et participa aux premiers
pas de l’internationalisme.
Née au Pérou (descendante de Montézuma) et de mère française ses " pérégrinations"
la menèrent de l’Amérique latine en France et à Londres.
Marquée par les idées de Saint Simon proclamant que « toutes les
institutions sociales doivent avoir pour but l’amélioration du sort moral,
physique et intellectuel de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre »
(Nouveau Christianisme) associant femmes et ouvriers.
Après s’être liée avec Fourier elle s’écarte de sa doctrine utopiste,
aspirant à un pragmatisme plus efficace pour l’organisation des
ouvriers ainsi qu’à des mesures plus concrètes pour édifier les conditions
nécessaires à l’émancipation de la femme.
Socialisme et féminisme sont étroitement liés dans ses principes, dont la
force de conviction puise dans un vécu de paria (enfant naturelle, femme séparée
de son mari à un moment de l’histoire où le divorce n’est pas reconnu) ,
elle se voit rejetée par la loi et la morale.
Elle associe son sort à celui des faibles et des opprimés en les engageant à
prendre conscience de la force de l'union ajoutant aux vertus républicaines de
liberté égalité fraternité, celle de solidarité.
« Ouvriers, ouvrières, comptez-vous ; pris un à un , vous
n’êtes rien qu’un grain de poussière broyé sous la grande roue. Mais
assemblez-vous, unissez-vous. Vous êtes cinq millions et cinq millions c’est
une force"
A cette époque le socialisme est encore fortement imprégné des idéaux
hérités du romantisme laissant percer dans son œuvre un certain
mysticisme , elle définit son union ouvrière comme « un pont jeté
entre la civilisation qui se meurt et l’ordre social harmonique » ,
annonçant les grandes unions syndicales.
http://pluriel.free.fr/tristan.html
http://mapage.noos.fr/revuesocialisme/s8flora.html
Louise Michel
1830-1905
Laissons l'un des siens lui rendre
hommage: "Article paru dans Libération
du 7 janvier 2005"