Doléance
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DOLÉANCE - Ode I

L'obsession 

Quand l'idée fixe à moi, Telle une souvenance
Ne doit que revenir, Et m'assaille encore
Mon âme alors s'écrase, Comme tombe un corps mort
Oh cruelle image, Tu formes la potence. 

Toi l'être malfaisant, Dont l'obscure naissance
M'a autant tourmenté, Écorché et souillé
Je n'ambitionne te voir, Obsessionnelle visée
Nul besoin d'être bon, Je sais ta virulence. 

Mais encore malgré moi, Tu sais t'épanouir
Et trouver en mon âme, de quoi ne point pourrir
Ni sombrer esseulé, Comme sépale dans l'étang. 

Et dans tes yeux de braises, M'en vais m'engloutir
Savourer l'affliction, A jamais m'endormir
Aussi mon cœur troublé, Toujours verse le sang. 

Oh cruelle image, J'ois dès l'aube m'effacer !

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Dante La Divine Comédie L'Enfer Chant  18

G. Doré

DOLÉANCE - Ode II

Les rongés (  Rouille )

Elles peuvent m’agresser, Les sournoises quidams

Ces fourmis embrasées et viles carnassières

Je les invite encore à lacérer ma chair :

Qu’elles me dépiautent donc, Ce corps n’est mon âme !

 

En soupirant pourtant, Je sens comme des lames

Sillonner mes viscères sommaires et ordurières.

Et car de cette viandasse, Je n’en ai que faire,

Je puis vous la céder, Elle ne me fera pâme.

 

Quand en mon intérieur, Je honnis ces tourments,

Car toisés par l’esprit, Ils sont fluets mouvements

Doux et débonnaires comme les seins d’une belle.

 

C’est que l’immense mal, Cafard intempérant

Ne peut ronger alors que mon Soi impotent

Toujours en perdition ; Dans l’infinie querelle.

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Dante La Divine Comédie L'Enfer Chant  20

G. Doré

DOLÉANCE – Ode IV

L'enfant   

En moi je peux plonger : Il y a un bambin

Qui jamais ne rigole, Et qui souventes fois

Tente en vain de quitter Cet environ d’effroi ,

Qui, en son intérieur, lui sert de prison.

 

En cage il va rester Et c’est en ce chagrin

Qu’il imaginera Les horizons d’émoi

Les verdures de lin Et les faces de joies

Ainsi que les beaux cœurs Qu’il aimerait faire sien.

 

Dans son rêve d’un instant, L’ange fort enivré

Court dans son paradis, Mais il n’y peut rester

Sans connaître la mort De son plateau de foire.

 

Il est, par la rencontre, arraché au-dehors.

 

Et prit d’un teint grisé, L’enfant bien esseulé

Comme dans un désert, Fond en larmes effarées

Et s’en va ballotté Par la grisaille noire.

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IVRESSE – Ode I

JEUNE FILLE

 

Dans nos cieux, j'ai vu virevolter, dansant

Les dieux qui pouvaient décider

De retirer les peines, ou bien de tout donner

L’espace d’un instant !

 

Et quand une belle à eux, est apparue mendiant,

Respirant joie, soufflant vitalité,

Les lèvres du divin, sur elle se sont posées

« Amour, don suffisant ! »

 

On lui aura offert, en cadeau éternel

L’éloquence du baiser !

La beauté d’une jeune fille, Que je vais contempler

En amant immortel !

 

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Dante La Divine Comédie Le Purgatoire  Chant  33

G. Doré

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