Apollinaire
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Guillaume Apollinaire 

Guillaume Apollinaris de Kostowitsky

1880-1918

Né à Rome d'une mère Polonaise et de père "incertain", probablement un officier du royaume des Deux Siciles Francesco Flugi d'Aspermont, Apollinaire passa son enfance entre l'Italie, et la Côte d'azur. En 1899 , il découvre les Ardennes Belges à Stavelot dont les paysages et le folklore l'impressionnèrent  profondément . Il y connu aussi sa première déception amoureuse. 

Au cours des années 1901-1902 il séjourne d'abord en Rhénanie où il s'éprend de Annie Playten qui l'éconduit puis il voyage à travers l'Allemagne et l'Europe Centrale. 

De retour en France , à Paris il occupe un poste d'employé de banque et fréquente les milieux littéraires . Il publie son premier conte l'Hérésiarque .Il rencontre  également Derain et Vlaminck puis Picasso.

En 1904 Annie Playten rompt définitivement et part en Amérique. Il exprimera son désespoir dans la Chanson du Mal Aimé, publiée en 1909.

En 1907, il se lie à Marie Laurencin et l'on assiste à un renouveau poétique(Onirocritiques, le Brasier ou les Fiançailles). Il élargit ses relations littéraires à Paul Fort , Moréas, Jules Romains. Son premier livre : l'Enchanteur pourrissant.  Il vit maintenant uniquement de sa plume. Il entre à l'Intransigeant comme critique d'art, et collabore à plusieurs autres journaux. Publication du Bestiaire ou Cortège d'Orphée en 1911.

En Septembre de cette même année , une cruelle épreuve va le bouleverser: accuser à tort  dans l'affaire du vol de la Joconde il est incarcéré et passe une semaine à la prison de la Santé. En 1912, Marie Laurencin le quitte et cette séparation le plonge à nouveau dans le désespoir.

De nouveaux amis: Blaise Cendrars et les Delaunay. Il apparait  de plus en plus comme le défenseur de l'avant-garde en peinture comme en poésie.

1913: Alcools et un ouvrage de critique d'art: Les peintres cubistes, méditations esthétiques.

1914: Dans les mois qui précèdent son incorporation, il vit  une nouvelle et brève liaison avec Louise de Coligny-Châtillon, l'amie royale. Il est incorporé en décembre affecté sur le front de Champagne. Après un échange épistolaire avec Madeleine Pagès rencontrée dans le train il est admis comme son fiancé à Oran. Passé au 96 ème régiment d'infanterie avec le grade de sous-lieutenant, il s'enthousiasme d'abord  pour le spectacle de la guerre,(1) mais découvre  rapidement le sort épouvantable des fantassins dans les tranchées et les cimetières ..(2) Il est blessé le  17 mars par un éclat d'obus , trépané et ne retrouve une vie normales  qu'à la fin de l'été.

Désormais il est affecté à un bureau et s'éloigne définitivement de Madeleine. Il revient à la littérature avec "le poète assassiné "Plus que jamais il se consacre à la défense de l'art d'avant-garde en poésie comme en peinture(Conférence sur l'esprit nouveau et les poètes)

le 2 mai 1918 il épouse Jacqueline Kolb "la jolie rousse" Il est emporté le 9 novembre par la grippe espagnole.

(1)"Ah Dieu ! que la terre est jolie .." Aragon lui aurait toujours reproché d'avoir aimé la guerre 

(2) "Effroyables jardins "

Le pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et  nos  amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La  joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont  je demeure

Les  mains dans les mains restons face à face
tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont  je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s"en va 
Comme la vie est lente
Et comme l'espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont  je demeure

Passent les  jours et passent  les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous  le pont Mirabeau coule la  Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont  je demeure

 

La chanson du mal aimé

Ce poème lui aurait permis d'exprimer le désespoir de ses amours malheureuses avec Annie Playden

(Le lien ci-dessous vous permettra de lire le poème dans son intégralité)

http://www.poesieetessai.com/malaime.htm

Un soir de demi-lune à Londres
Un voyou qui ressemblait à 
Mon amour vint à ma rencontre
Et le regard qu'il me jeta
Me fit baisser les yeux de honte

Je suivis ce mauvais garçon
Qui sifflotait mains dans les poches 
Nous semblions entre les maisons
Onde ouverte de la mer rouge
Lui les Hébreux moi Pharaon 

Que tombent ces vagues de briques
Si tu ne fus pas bien aimée
Je suis le souverain d'Egypte
Sa soeur épouse son armée
Si tu n'es pas l'amour unique

Au tournant d'une rue brûlant
De tous les feux de ses façades
Plaies du brouillard sanguinolent 
Où se lamentaient les façades
Une femme lui ressemblant 

C'était son regard d'inhumaine
La cicatrice à son cou nu
Sortit saôule d'une taverne
Au moment où je reconnus
La fausseté de l'amour même 

 

Lorsqu'il fut de retour enfin
Dans sa patrie le sage Ulysse
Son vieux chien de lui se souvint
Près d'un tapis de haute lisse
Sa femme attendait qu'il revint

L'époux royal de Sacontale
Las de vaincre se réjouit
Quand il la retrouva plus pâle
D'attente et d'amour yeux pâlis
Caressant sa gazelle mâle

J'ai pensé à ces rois heureux
Lorsque le faux amour et celle
Dont je suis encore amoureux
Heurtant leurs ombres infidèles
Me rendirent si malheureux

Regrets sur quoi l'enfer se fonde
Qu'un ciel d'oubli s'ouvre à mes voeux
Pour son baiser les rois du monde
Seraient morts les pauvre fameux
Pour elle eussent vendu leur ombre

J'ai hiverné dans mon passé
Revienne le soleil de Pâques
Pour chauffer un coeur plus glacé
Que les quarante de Sébaste
Moins que ma vie martyrisés

 

Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aurore au triste soir

Adieu faux amour confondu
Avec la femme qui s'éloigne
Avec celle que j'ai perdue
L'année dernière en Allemagne
Et que je ne reverrai plus

Voie lactée ô soeur lumineuse
Des blancs ruisseaux de Canaan
Et des corps blancs des amoureuses
Nageurs morts suivront-nous d'ahan
Ton cours vers d'autres nébuleuses

Je me souviens d'une autre année
C'était l'aube d'un jour d'avril
J'ai chanté ma joie bien- aimée
Chanté l'amour à voix virile
Au moment d'amour de l'année

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L'adieu

J'ai cueilli ce brin de bruyère

L'automne est morte souviens-t-en

Nous ne nous verrons plus sur terre

Odeur du temps brin de bruyère

Et souviens-toi que je t'attends

 

La porte

La porte de l'hôtel sourit terriblement

Qu'est-ce que cela peut me faire ô ma maman

D'être cet employé pour qui seul rien n'existe

Pi-mus couples allant dans la profonde eau triste

Anges frais débarqués à Marseille hier matin

J'entends mourir et remourir un chant lointain

Humble comme je suis qui ne suis rien qui vaille

 

Enfant je t'ai donné ce que j'avais travaille

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